| Actualités : ça s’est passé récemment en Mayenne
Rubrique proposée par Stéphane Hiland, complétée par Bertrand Béranger. |
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Une fouille en bordure des thermes de Jublains Une vingtaine de jeunes travaille actuellement sur la domus (riche demeure romaine) pour la seconde saison de fouilles programmées à Jublains, sous la direction de Anne Bocquet, archéologue départementale, secondée par Elsa Paillot et Sophie Lhuillery. Après avoir dégagé le plan de la domus, en terrasse sur trois niveaux, les archéologues explorent quelques salles de la maison. Presque chaque jour des découvertes permettent de nouvelles précisions : des objets récoltés du 1er au 3ème siècle après JC, un puits mis à jour avec une base de pilier tombée au fond, des traces d’enduit et de décorations, des empreintes de feuilles. Mais aussi des ossements d’animaux, une salle, dite hypocauste, d’habitation chauffée au sol ou thermes privés… Et des traces plus anciennes de la présence d’habitats gaulois. La trouvaille plus émouvante est une statuette de la déesse mère, très rare. Il n’en existe que deux autres en France. Étant donné la richesse archéologique du site, plusieurs saisons de fouilles seront nécessaires : « L’autre site, tout proche, a demandé six saisons de fouilles pour pouvoir l’interpréter comme quartier artisanal gaulois, traces du travail du fer et autres. Les visiteurs sont aidés par l’audio-guide fourni au musée pour en comprendre l’ensemble » explique Elsa, archéologue spécialiste en archéozoologie. Surtout que la partie dégagée n’est pas la totalité de la domus qui, on le sait grâce aux radios de sol et aux sondages, se prolonge jusqu’à la voie romaine. La domus présente non seulement trois niveaux mais elle a évolué pendant plusieurs siècles. Selon les couches dégagées, on découvre différents tracés de murs. Une analyse complexe qui demandera à chaque fin de saison un travail de post-fouilles assuré par Anne et Elsa. Source : Ouest-France, édition du 17 juillet 2011 Pour en savoir plus sur les résultats des recherches récentes entreprises à Jublains : Gérard Guillier, Richard Delage et Paul-André Besombes, «Une fouille en bordure des thermes de Jublains (Mayenne): enfin un dodécaèdre en contexte archéologique ! », Revue archéologique de l’Ouest n°25, 2008. Article en ligne sur Internet : http://rao.revues.org/680
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| Le sculpteur Louis Derbré s’en est allé…
Âgé de 85 ans, le Mayennais célèbre pour ses sculptures monumentales exposées dans le monde entier s’est éteint, mercredi 3 août. Il laissera le souvenir d’un grand artiste imprégné par son œuvre. Louis Derbré est resté toute sa vie attaché à la Mayenne. Né le 16 novembre 1925 à La Gandonnière à Montenay, c’est à Ernée qu’il a grandi, et a passé son adolescence à cultiver la terre. « Avec le temps ses sculptures ont pris une dimension de plus en plus spirituelle », raconte Mireille Derbré, sa fille. Mais il est toujours resté attaché à la terre. Son œuvre en est imprégnée. » Adolescent, il quitte l’école pour travailler à la ferme familiale. Mais après son mariage, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il monte à Paris où il est engagé comme manœuvre dans une maison d’édition artistique. Et c’est là, presque par hasard, en côtoyant des élèves des Beaux-Arts qu’il s’initie au métier. « Indirectement j’ai profité de leurs dialogues et je me suis fait une nouvelle vie », avait-il déclaré. Succès rapide Contre la tendance d’alors, il s’exprime par le figuratif. Et ça plaît. « L’une de ses premières oeuvres, un buste en pierre de Werschürr, l’un de ses amis, a tout de suite été reconnue, explique Syckie Darbion, une de ses amies de plus de trente ans. Avec cette première sculpture, il obtient en 1951 le prix Fénéon, qui lui est remis des mains mêmes de Louis Aragon. » En 1953, il obtiendra le prix national de l’école des Beaux-Arts. Son succès ne se dément plus. Devenu l’assistant de Gilioli, l’un des chefs de file de l’abstraction lyrique dans les années 50, il affirme son style personnel, et se révèle au grand public par l’exposition « Rodin, Maillol, Derbré » en 1962. « C’est anecdotique, mais parmi ses premiers visiteurs se trouvaient Anthony Quinn, Yul Brynner, les frères Jacques… » se souvient sa fille. Il expose ensuite à Montréal en 1967, et un peu partout dans le monde : Brésil, États-Unis, Canada, Norvège, Côte d’Ivoire, Indonésie… Au Japon en 1972, il érige La Terre à Tokyo : la réplique s’élève au quartier de la Défense à Paris. En 1984, il réalise une statue en hommage à Georges Pompidou, ancien président de la République française. En bronze, elle est exposée dans les Jardins de l’avenue Gabriel, à Paris. Et en 1997, six immenses statues lui sont commandées pour composer le mémorial de la paix à Hiroshima. Honneurs de la capitale « Il a mis toute sa vie au service de son œuvre » raconte Mireille Derbré, elle-même sculptrice. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours connu son père en train de travailler. « Il avait toujours les mains blanches de plâtre. » Et jusqu’à ses derniers jours, alors qu’il souffrait des poumons depuis déjà quelques années, il continuait de poursuivre des projets à 5 ans, 10 ans, 20 ans… L’une de ses dernières réalisations seront trois statues monumentales qui seront exposées à côté de San Francisco, aux États-Unis, en février 2012. Depuis 1991, Louis Derbré était revenu en Mayenne. Il vivait à Ernée, où il avait fait construire sa fonderie ainsi que son lieu de création et d’exposition. « Il a fait le choix de quitter son atelier d’Arcueil et les honneurs de la capitale, pour revenir sur ses terres » se souvient Syckie Darbion. Une terre mayennaise où il a eu plaisir a retrouvé ses racines. « Il était transformé et tellement heureux d’être revenu, se souvient sa fille. Il adorait se promener dans sa vieille Jeep américaine, à travers les sculptures du parc. » Il sera enterré là où il le souhaitait, au cimetière de Charné. Source : Ouest-France, édition du 5 août 2011
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| Un édicule cultuel
Ces objets ne sont pas isolés, puisqu’une petite maçonnerie, très arasée mais de construction soignée, vient d’être mise au jour. Formant un carré de 3 mètres de côté, cet édicule, situé sur la bordure nord du bassin, renferme en son centre une concentration inattendue de monnaies du Haut-Empire romain : plus de 280 pièces de bronze des Ier et IIe siècles de notre ère. Il s’agit, là encore, d’offrandes qui ne laissent aucun doute quant à la fonction cultuelle de l’édifice, probablement dédié à une divinité des eaux. Il est cependant encore trop tôt pour se prononcer sur sa nature exacte (fontaine, petit temple, autel ?). Sur le chantier des Jacobins au Mans, les archéologues n’en sont pas à leur première découverte, puisque les niveaux récents du site avaient révélé les fosses communes des victimes des combats des 12 et 13 décembre 1793, liés à la «virée de Galerne» pendant les guerres de Vendée. Outre le chantier des Jacobins, Le Mans et ses environs se sont récemment enrichis d’un vaste sanctuaire composé de plusieurs temples, mis au jour à Neuville-sur-Sarthe, qui constitue une découverte majeure sur la religion dans l’Antiquité. Source : Site internet de l’INRAP, communiqué publié le 24 juin 2011 |
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| C’est sous son mandat que débute notamment la construction de l’hôtel de ville et du théâtre. Un événement tragique va cependant mettre fin à sa brillante carrière publique : sa femme, à laquelle il était très attaché, meurt prématurément des suites d’une longue maladie en 1826. Fou de chagrin, il abandonne ses prérogatives et, gagné par son nouvel élan, mystique entre au séminaire de Malestroit. Âgé de 54 ans, il débute une nouvelle vie qui le voit, après avoir été ordonné prêtre, devenir évêque de Nantes en 1836. C’est sous les habits du prélat qu’il achève son existence douze ans plus tard. Si le fait est en partie aujourd’hui oublié, nous devons néanmoins une fière chandelle à son arrière petite fille qui eut l’heureuse initiative d’écrire la biographie de notre héros sous un titre évocateur : « Père, Maire, Évêque ».
Stéphane Hiland |



