| Actualités : ça s’est passé récemment en Mayenne ou ailleurs
Rubrique proposée par Stéphane Hiland, complétée par Bertrand Béranger. |
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| 1882 : essor de la fonderie. La concurrence est rude avec les Anglais. Ils ont inventé un nouveau combustible pour le haut-fourneau. Le coke est moins cher que le charbon de bois. Les forges ferment une à une. Deux survivent : celles d’Antoigné (Sarthe) et de Port-Brillet. « Pour 170 200 francs, Armand Chappée se rend propriétaire du site industriel de Port-Brilllet », lit-on dans Les fondeurs à Port-Brillet. Il possède déjà celle d’Antoigné. Quand il la rachète, la forge de Port-Brillet est exsangue.
1914 : chair et canons. La France est en guerre et manque de munitions. Le gouvernement de l’époque provoque une réunion au sommet avec les principaux industriels fondeurs de France. Armand Chappée est du voyage. Il revient avec un carnet de commandes qui déborde. Il faut produire obus et grenades, et vite ! Femmes, personnes âgées, soldats rappelés du front… L’usine tourne à plein régime. Pour les dirigeants, c’est la prospérité. La famille Chappée crée à Port-Brillet une salle de cinéma, des bains douches, une salle des fêtes… 1936 : le temps des syndicats. Le syndicat des ouvriers métallurgistes de Port-Brillet (affilié à la CGT) regroupe près de 700 personnes, soit la quasi-totalité du personnel. Cela ne fait pas les affaires de la direction qui voit d’un très mauvais œil cette « émancipation » ouvrière. 1942 : le temps des scissions. Port-Brillet fait partie des entreprises œuvrant pour la défense nationale. C’est le temps de la guerre, pas celui des syndicats. Ils en sortent affaiblis et divisés. 1966 : « une ruche ». « L’usine m’a toujours fait l’effet d’une ruche où tout le monde tourne dans un rayon très restreint, rapporte un témoin dans l’Oribus. […] Une autre réalité allait s’imposer : le village vivait et respirait autour de l’usine. » 1985 : le temps des dettes. La fonderie emploie 650 personnes mais les caisses de la Société générale de fonderie (SGF), propriétaire depuis les années trente, sont au plus bas. Elle vend ses usines. Port-Brillet fait partie du lot. Un dépôt de bilan plus tard, la fonderie de Port-Brillet bat pavillon Pebeco en 1989. 1997 : le temps des rachats. David Alleaume, cadre du groupe Valois (dont dépend désormais Pebeco) rachète l’usine, fait l’acquisition d’autres fonderies en France, fonde le groupe Focast. Il le revend en 2010 à une multinationale luxembourgeoise. Moins d’un an plus tard, Pebeco est placé en redressement judiciaire. C’est le début de la fin. Source : Ouest-France, édition du 12 octobre 2011 Pour mémoire, rappelons l’excellente étude consacrée au site et aux ouvriers qui y sont intervenus, fruit du travail de notre adhérent Bernard Houel, paru en 2009 dans le n°31 de la revue « Mayenne, Archéologie, Histoire ». |
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| Là, le rédacteur de ces mots devra déchanter. Le soir même, à l’hôtel de Ville de Laval, lorsque Liszt apparaît devant son public la salle n’est pas trop petite mais trop grande. A peine une quarantaine de personnes se sont déplacées pour assister au récital. On imagine sans peine la mine déconfite du célèbre pianiste qui, dignement, ravale l’offense et entreprend de jouer comme si de rien n’était. Le concert s’achève par des applaudissements timides, au grand dam de notre journaliste qui, quelques jours plus tard, s’en prendra vertement à ses concitoyens : « O peuple lavallois, jusqu’à quand seras tu le même ? Jusqu’à quand resteras tu plongé dans ton prosaïsme ? Jusqu’à quand seras tu insensible aux belles notes, aux gammes harmonieuses, à la musique et aux arts ? ». Sans nul doute qu’aujourd’hui notre homme se réjouirait du bon goût affiché par les Mayennais lors des folles journées.
Stéphane Hiland |
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