Lors de vos visites dans les églises et des chapelles, votre attention a pu être attirée par un bandeau faisant le tour complet ou partiel de l’édifice. Il s’agit d’une litre seigneuriale ou funéraire, également nommée ceinture funèbre. Beaucoup de ces ornementations réalisées entre le 12e et le 17e siècle ont disparu ou ont été cachées par un badigeon ou des mobiliers.
La litre, du latin lista signifiant bordure, est une bande noire décorée d’armoiries, disposée tout autour de l’édifice mais parfois limitée à une partie (nef, chœur, chapelle) et se déroulant à l’extérieur comme à l’intérieur. Les décors extérieurs ont le plus souvent disparu et on ne remarque que le bandeau de mortier au grain plus fin qui recevait la peinture.
Cette ornementation destinée à honorer le défunt était temporaire et parfois réalisée en étoffe. Placée en hauteur, elle ne devait masquer ni les représentations religieuses ni les croix de consécration.
Jusqu’au concile de Latran en 1215, l’église était la propriété du fondateur. Le dominium laicus est remplacé par un droit de patronage et l’autorité ecclésiastique autorise en contrepartie le seigneur de paroisse à y faire figurer ses armoiries et le droit de litre.
Ce droit disparaitra avec la loi du 13-20 avril 1791, article 18 (voir extrait)
En Mayenne, il existe relativement peu de litres extérieures et les décors intérieurs sont actuellement assez fragmentaires. Des nombreuses mentions de litres faites par l’abbé Angot, il ne reste que peu de traces suite aux nombreuses reconstructions et modifications du 19e et du début du 20e siècle ainsi que de la mode du pierre-vu. Au cours de nos visites nous avons pu en observer dans les édifices suivants :
Bouchamps-lès-Craon
. Des éléments de litre ont été dégagés sur le mur sud du chœur ainsi que sur le mur est de la chapelle nord. Datée du 15e siècle (entre 1459 et 1467), elle est ornée des armoiries de Jean III de Scépeaux,vairées d’argent et de gueuleset celles de sa seconde épouse, Louise de La Haye-Passavant,d’or à 2 fasces de gueules accompagnées à l’orle de merlettes de gueules
.
Chantrigné, des vestiges de la litre extérieure sont visibles sur les murs gouttereaux nord et sud de l’église.
Une litre se devine sous les badigeons de la nef de l’église de Cossé-en-Champagne. Par contre, des fragments d’une litre et des timbres seigneuriaux sont bien visibles sur les murs latéraux de la chapelle Ste Anne.
Sur les murs gouttereaux de la nef de l’église de
Forcé figure le bandeau d’enduit de la litre. Entre les fenêtres on peut distinguer les panneaux qui portaient des armoiries.
La Chapelle-Rainsouin . Une litre intérieure peinte en haut des murs de la nef et de la chapelle nord fait apparaitre les armoiries des familles de Bailly, l’Escalopier, Leprestres et des Gaignon de Villaines. La bande noire n’a pas été dégagée lors des restaurations du 19 e siècle.
Dans l’escalier menant au clocher de l’église de Saint-Loup-du-Dorat , nous avons repéré et signalé des fragments d’une litre qui a la particularité d’être festonnée. Un dégagement serait nécessaire afin de connaitre son étendue et s’il y a présence d’armoiries.
A l’église de Louvigné , une portion de litre est présente au-dessus de la porte extérieure de la chapelle sud.
A l’intérieur de cette chapelle seigneuriale construite au 14e siècle puis transformée en sacristie et en chaufferie, figurent sous le badigeon des traces de la litre et des armoiries : des écus accolés représentent l’alliance en 1606 de René de Montbourcher
et d’Elisabeth du Bouais.
Montourtier
,Sur les murs extérieurs de l ’église paroissiale figure encore le bandeau d’enduit de la litre.
Ce bandeau existe également à la chapelle du château de Bourgon. Edifice construit par la famille de Montecler en 1525. La litre extérieure se distingue sur les murs gouttereaux et au chevet
D’autres litres restent à localiser et à documenter. Nos lecteurs ne se priveront pas de nous informer de leurs connaissances dans ce domaine.













