Assemblée Générale 2015 – Rapport moral et d’orientation

Société d’archéologie et d’histoire de la Mayenne

Assemblée générale du 30 janvier 2016

Rapports moral et d’activités, d’orientation et financier.

RAPPORT MORAL ET D’ACTIVITES

Nous désirerions que cette assemblée générale qui clôture l’année 2015 se déroule comme une conversation entre nous tous ici présents puisque vous nous avez confié la gestion en donnant vos voix aux membres du conseil d’administration.

Le bilan que nous faisons de 2015 est satisfaisant par un équilibre dosé d’éléments positifs et d’éléments négatifs

Mais avant toute autre chose, je dois implorer votre indulgence, car si nous avons bien l’aptitude à vous présenter un compte de résultats et un budget prévisionnel, nous sommes incapables de vous mettre sous les yeux notre bilan comptable. Un bug informatique, avec une sournois malice, a mélangé les lignes et pages du logiciel de comptabilité. Les différents contrôles et recherches nécessitent encore une bonne dizaine d’heures de travail pour lui redonner sa fiabilité. Nous vous le ferons parvenir.

Voici le bilan de nos différentes activités :

– D’abord, une déception, celle du nombre d’adhésions. Nous pensions une augmentation possible, comme les deux années précédentes, mais nous peinons à atteindre les 300 adhérents. Il est vrai que les normes européennes demandées maintenant pour le prélèvement automatique, nous ont fait perdre une vingtaine de personnes. De plus, l’habitude devient qu’à la fin du premier semestre, une moitié n’a toujours pas payé sa cotisation. Finalement, après les vacances, ces gens trouvent que ce n’est plus la peine de payer pour les quelques mois restants. Le résultat final est la tendance à la baisse malgré relances et invitations nombreuses à adhérer.

– Par contre, nous sourions de satisfaction au chiffre de nos ventes. Il y a un certain temps que nous n’avions pas enregistrer un si beau chiffre (8000 euros). Il est dû en grande partie à la réédition avantageuse du guide du patrimoine, à des ventes assez diverses de nos stocks par Internet et de la commande d’un CE de 1500 euros. Un bon coup de pouce que ce regain de ventes dans un budget bien serré.

– Les conférences mensuelles attirent généralement les mêmes auditeurs mais les rangs restent trop clairsemés. Les sujets traités ont pourtant été variés : le néolithique en Mayenne (G. Kerdivel) , l’histoire du château des Helberdières (T. Ballu) , les archives hospitalières (F. Lhuissier), les habitats aristocratiques fossoyés (S. Mazurier).

– Par contre, les excursions ont le vent en poupe et regroupent jusqu’à une soixantaine de participants.

L’ambiance y est chaleureuse et décontractée. En mai, sous les parapluies, nous avons été accueillis avec beaucoup d’attention par le propriétaire du château de la Boissière, par monsieur Roussier. Il nous a offert une visite des caves au sommet du donjon L’après-midi madame Ernoult nous a fait parcourir Craon dans les plus petites ruelles. En juin, ce fut la découverte de la Charnie de saint-A lleaume. Que de la bonne humeur en septembre pour Saint-Julien-des-Eglantiers, Sainte-Anne-de-Champfrémont, les manoirs de Ravigny et du Grand-Mesnil. Un après-midi d’Octobre, environ 50 personnes se sont retrouvées au prieuré du Buron et à l’église à Azé.

– Des prestations extérieures nous permettent des subsides supplémentaires bien nécessaires. D’abord, Nous avait fait découvrir Evron et Sainte-Gemmes-le-Robert à un groupe de retraités du BTP. L’amicale des conseillers départementaux nous a fait confiance pour la seconde année pour l’organisation de deux journées excursions, l’une dans la région du Horps, l’autre à Angers ainsi que pour une matinée au Mémorial de la déportation à Mayenne. Nouveau demandeur, le Centre lavallois d’éducation populaire, s’est vu proposé deus sorties, l’une à Parné sur Roc, l’autre aux jardins des Arcis.

– Les publications ne sont plus désormais liées à l’adhésion. Nous vous devons cependant encore celle de l’année 2015. Par contre, la revue a regroupé 7 articles, plus que les années précédentes.

– Notre participation aux journées du petit patrimoine, aux deux journées archéologiques au château de Mayenne, aux journées patrimoine à Châtillon-sur-Colmont et à Changé a pour but de nous faire connaître plus largement et de vendre nos publications.

– La journée « portes ouvertes » fin novembre a été insatisfaisante. Sur les conseils du service culture de la mairie de Changé, elle a eu lieu un dimanche. Ce ne fut pas très réussi. Beaucoup moins de passage le matin et une assistante bien maigrelette à la conférence de 15h30.

-Des communes, des associations locales, des propriétaires, des particuliers nous plus de plus fréquemment appel pour des conseils ou le signalement de découvertes.

-Et encore et toujours et plus que jamais, l’activité débordante du groupe inventaire guidé par l’entrain exubérant de son comité de pilotage. !!

Toutes ces activités ne peuvent se réaliser que parce que nous sommes un groupe de personnes décidées à valoriser la SAHM et à la faire connaître toujours plus dans le département. La collaboration permet un travail d’équipe tout en réalisant un travail seul et à sa manière. Elle vise le même résultat. Chacun sa pierre à l’édifice ; c’est ainsi que travaillent tous les participants au groupe inventaire du patrimoine de pays et que la base de données nouvelles s’enrichit chaque année. C’est un groupe désormais solide. Tous ces collaborateurs se sont engagés dans une démarche de recherche qu’ils n’auraient jamais faite seuls.

Par contre, pour assurer la vie de l’association au quotidien, il faut des personnes capables de coopérer c’est à dire de faire oeuvre ensemble. La coopération est un travail conjoint. Elle exige donc un intérêt commun, des buts élaborés qui maintiennent en vie la stimulation associative C’est ce que réalisent les membres du bureau dans des rencontres hebdomadaires et des correspondances permanentes et les membres du CA par leur réflexion. Tout ce travail fourni pour hisser a SAHM vers plus de reconnaissance, plus de créations, plus de productions intellectuelles,

Cette démarche collective se fait sans compter les heures et les kilomètres. Je terminerai ce bilan par le fort investissement en temps demandé pour toutes ces activités. Quand la machine est lancée, il est difficile de lever le pied. Du temps il en faut pour les tâches administratives. Notre nouvelle assistante n ‘est employée que 9hures par semaine. Il en faut également pour les préparations de sorties, les prises de contact (11 déjà prévues pour 1016), les rencontres, la distribution des commandes, les suivis des points de vente, les publications, les échanges avec tous ceux qui passent au local, l’animation du groupe inventaire… et toutes les nouvelles pistes que nous essaierons d’ouvrir cette année.

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RAPPORT D’ORIENTATION

En novembre dernier, nous avons provoqué une assemblée générale extraordinaire pour des changements dans nos statuts. Vous en avez reçu la version définitive à la suite de leur approbation ainsi que le nouveau règlement intérieur rédigé par le conseil d’administration. Nous vous avons expliqué les causes de cette révision visant la simplification administrative et l’assouplissement de contraintes que nous ne pouvions plus assumer. Nous nous devions de faire ces remaniements. Mais cette réécriture n’est pas désormais sans incidences, que nous avions sciemment provoquées, sur notre fonctionnement.

L’article 7 cerne tout ce qui touche à l’adhésion. Il énumère ce dont à quoi elle donne droit. Mais il n ‘est plus question de publication annuelle liée au paiement. Pourquoi ? Il nous devient très difficile de s’engager ainsi pour des raisons de temps, d’auteurs, de financement. Cependant l’adhérent conserve un avantage sur le prix de l’ouvrage (20%).Les contingences financières, le prix élevé de la composition et de l’impression font que nous ne pouvons plus éditer que des ouvrages de vulgarisation grand public sur lesquels nous pouvons envisager un bénéfice. La mise en page est faite par un de nos bénévoles (J. Naveau) . Ce travail est lourd. Aussi, par ricochet, se pose le montant même de l’adhésion.

Nous sommes donc contraints d’annuler le vote de l’A.G. de l’an passé sur le montant puisque nous n’avions pas prévu cette refonte statutaire.

Puis nous devrons réfléchir à la somme demandée. Pour éclairer votre décision, je vous livre les réflexions du conseil d’administration. Nous baissons le montant de 5 euros puisqu’il y a un service en moins. Pour rappel l’adhésion actuelle individuelle est de 37 euros et la familiale de 40 euros. Elles deviendraient ainsi 32 et 35 euros. Cette solution, d’après nos prévisions, nous ferait perdre au minimum une ressource de 1000 euros. Autre proposition, nous laissons le montant tel quel, en sachant qu’il n ‘a pas été augmenté depuis 3 ans. Qu’en pensez-vous? Vos différents avis éclaireront le vote de tout à l’heure. Le second point important du changement est l’article 14 qui définit non plus des postes personnels du bureau mais une fonction qui peut être assurée de manière collégiale. Cette décision s’explique par les difficultés profondes à trouver des personnes volontaires pour accepter des engagements de responsabilité.

A travers ces changements qui nous semblaient inévitables et indispensables, nous voulions affirmer notre défi : celui d’exister encore dans les années à venir. Exister, c’est être reconnu pour ses valeurs associatives et défendre ses constructions de projets. C’est une légitimation de notre travail de publication, de recherches, d’attention au patrimoine. Même si elle semble reconnue théoriquement, elle est loin d’être acquise. Notre force d’initiative se trouve parfois bien confrontée à la fuite vers un modèle marchand. L’environnement est tel que nous devons protéger notre autodétermination et nous préoccuper de ne pas obligatoirement nous aligner sur des axes qui sont parfois tentants lorsqu’ils sont les moyens de trouver les ressources financières qui manquent.

La perte du débat sur nos orientations atténuerait notre militantisme associatif lui-même. Le dilemme est là car exister c ‘est aussi s’assumer financièrement en agissant. Le contexte a beaucoup changé. L’avenir financier des collectivités s’assombrit avec des réductions de dotations importantes. Comme les autres structures, les associations vivent les mêmes vicissitudes. Nos efforts pour boucler un budget annuel demande une baguette magique. D’année en année, nos angoisses s’amplifient. Même si vous avez l’impression que nos disponibilités sont importantes, elles risquent de fondre rapidement.

Voici quelques exemples.

Notre publication prochaine aurait, d’après le meilleur devis, un prix de revient de 11000 euros pour 1000 exemplaires, soit un prit de revient à l’unité de 11 euros. Nous ne pouvons pas vendre un livre plus de 15 euros, soit en réalité 10,50 après avoir accordé la ristourne normale aux libraires. En plus 1000 exemplaires ne se vendent que sur quelques années. Inutile de poser l’opération, nous travaillons pour perdre de l’argent. La seule solution est de s’atteler à la composition et mise en page pour réduire le coût.

Autre exemple, le montant annuel des adhésions permet de couvrir seulement 5 mois 1/2 de charges salariales et locatives. Facile de dire de ne plus employer quelqu’un. Cela signifie plus de permanences régulières, plus de suivi comptable, plus d’appels pour les renseignements et les commandes, plus de lien avec les différents bénévoles qui ont déjà un emploi du temps bien complet sans ajuter de nouvelles charges.

Mais je sais ce que vous pensez tous, vous pensez que je ne parle pas des subventions obtenues. Et bien, elles se font rares et en obtenir est un imbroglio bien compliqué. L’évolution des relations avec les collectivités pose un bon nombre de questionnements. Une demande de subvention sur un projet ne doit générer aucun bénéfice pour l’association qui demande. Celle-ci apporte sa part d’autofinancement, ce qui paraît tout à fait normal. Mais l’obtention d’une subvention entraîne un don à la collectivité de 100à 300 exemplaires…si bien qu’au bout du compte nous nous demandons si ce n’est pas nous qui subventionnons la collectivité territoriale.

Notre activité n’est plus reconnue dans le tissu social. Nos élus ne sont plus persuadés de la plus value apportée par les associations dans les territoires. Donc, une des orientations à promouvoir serait d’harmoniser les relations entre collectivités et associations, de créer un dialogue car il y a actuellement une absence de visibilité dans la gouvernance publique à ce sujet et notamment dans l’approche financière vis à vis des associations. Notre énergie est souvent mise à mal par la puissance politique, maltraitée par des dossiers à monter dans des langages et détours obscurs.

Exister c’est heureusement se sentir bien à travailler ensemble en assurant la continuité de l’engagement d’hommes et de femmes pour l’histoire et le patrimoine de notre département depuis 137 ans. Cette continuité ns signifie pas agir comme dans le passé. La SAHM a déjà eu des phases d’évolution et de changement. Nous ne pouvons plus raisonner comme au temps de l’abondance. Donc cela veut dire prendre en charge plus de travail, travailler plus pour devenir indépendants avec des partenaires ponctuels par exemple ou avec des conventions pluriannuelles d’objectifs. Bref, il nous faut être innovants dans une situation nouvelle et élargir nos relations. A nous, membres de la SAHM, de ne pas attendre que la situation s’enlise sur nos façons de faire habituelles. Des forces nouvelles sont à trouver pour oser un mode associatif dynamique qui demande de l’imagination, des pensées croisées, des discussions. Le but est de rendre l’association attractive pour éviter l’absence de relève et encourager du bénévolat. Il est vital d’essayer d’encourager les jeunes générations à assurer des responsabilités et à renouveler le vivier associatif. Peut-être des rêves…mais nos efforts seront ceux-ci tout au long de l’année à venir.

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