Septembre

Actualités : ça s’est passé,se passe ou se passera en Mayenne ou ailleurs

Rubrique proposée par Stéphane Hiland et complétée par Bertrand Béranger

Septembre 2014 

 

Une nécropole mérovingienne exceptionnelle mise au jour à Evrecy (Calvados)

Une équipe de l’Inrap intervient sur prescription de l’État à Évrecy, sur le site de Saint-Aubin-des-Champs, dans le cadre de l’aménagement d’une zone résidentielle par la société Edifidès. En 2013, un diagnostic avait préalablement permis de détecter la présence inédite d’une nécropole datée entre la fin de l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, soit des Ve, VIe et VIIe siècles. La fouille, débutée depuis la mi-mars, confirme l’intérêt de cette découverte avec la mise au jour d’une nécropole complète de plus de 300 sépultures dont certaines contiennent un riche mobilier. L’étude de ce site fait intervenir plusieurs spécialistes, dont des anthropologues, des céramologues, des spécialistes du verre et du mobilier métallique. 

Les pratiques funéraires

Les archéologues ont mis au jour les sépultures à des profondeurs variées, dont certaines creusées jusqu’à 1,50 m. Elles contiennent généralement un défunt ayant été inhumé dans un coffrage en bois, aujourd’hui disparu. Si la majorité des sépultures ne recèlent aujourd’hui plus d’objet ni de vêtement, un tiers d’entre elles a cependant permis de découvrir un mobilier riche et varié, dont la typologie permet de regrouper les sépultures en deux grands ensembles. Les tombes avec des objets déposés, des accessoires et des éléments de parure datent du Ve siècle. Dans l’une d’elle, particulièrement riche, les archéologues ont mis au jour le squelette d’un homme adulte avec une vingtaine d’objets : céramiques, verreries, bassin en bronze, assiette en étain, seau en bois avec cerclage en bronze décoré, hache franque, fer de lance, poignard à la ceinture et monnaie en argent déposée sur la bouche. Une paire de chaussures était également posée sur ses pieds. Après le Ve siècle, les objets dans les tombes sont moins nombreux, le christianisme incitant au dépouillement du défunt dans l’au-delà. Ainsi les tombes datées du VIIe siècle contiennent des individus avec des boucles de ceintures, en bronze ou en fer, simples ou complexes et décorées. Actuellement, le mobilier mis au jour dans les tombes n’a permis de dater aucune d’elles du VIe siècle ; cependant la fouille durera encore plusieurs semaines.

Le cimetière du village au haut Moyen Âge

Les premières études menées par les anthropologues sur ces vestiges humains permettent dès à présent de confirmer que toutes les catégories d’âges et de sexe sont représentées dans cette nécropole. Peu de sépultures de jeunes enfants ont été inhumées en revanche, alors qu’il s’agit d’une population fragile. Cela ne constitue pas pour autant une anomalie, les tombes moins profondes ayant pu être perturbées au fil du temps. Parfois, les jeunes enfants étaient également exclus du cimetière communautaire, tant au cours de l’Antiquité qu’au Moyen Âge. Les archéologues déduisent donc de ces informations qu’il s’agissait du cimetière d’une petite communauté villageoise, qui a vécu à Évrecy entre le Ve et le VIIe siècle. Cette nécropole est abandonnée à la fin du VIIe siècle, sans doute au profit d’un ou plusieurs autres sites funéraires. Il s’agit alors de cimetières chrétiens situés à proximité de l’habitat et sans doute d’un ancien monastère fondé au VIIe à l’emplacement de l’église actuelle Saint-Pierre d’Évrecy.

L’opportunité de l’opération

La découverte de cet ensemble funéraire revêt un caractère inédit à plus d’un titre. Non répertorié sur des sources plus anciennes, le site n’avait encore jamais fait l’objet d’études ou de pillage, de sorte que le mobilier funéraire y est conservé de manière exceptionnelle. Il apportera de précieuses informations sur les Ve et VIe siècles, périodes peu documentées en archéologie. De plus, les limites du chantier de fouille permettent d’avoir ici la nécropole dans sa totalité, les archéologues ayant repéré l’enclos qui la délimitait.

Les scientifiques disposent ainsi de tous les éléments pour mener une étude exhaustive sur l’histoire et les modes de vie de cette communauté. Plus largement, ce site ne trouvant que peu d’équivalents au niveau régional (citons toutefois les sites de Saint-Martin-de-Fontenay ou de Michelet à Lisieux), il deviendra une référence majeure dans l’étude des pratiques funéraires en Basse-Normandie, témoins des phénomènes d’acculturation qui marquent cette période de transition entre la fin de l’Empire romain et les débuts de la christianisation.

Source : www.inrap.fr

 

Du côté des Expositions, des Musées…
La ville de Laval propose

Renseignements :

Office de Tourisme du Pays de Laval 02.43.49.46.46

Service Patrimoine – Ville de Laval 02.43.59.04.45

 

Une exposition temporaire : La ville nourricière

Découvrez l’exposition consacrée à la ville nourricière qui est présentée jusqu’au dimanche 21 septembre – Jardins partagés des Pommeraies, avenue Pierre de Coubertin – entrée libre

Laval met à l’honneur le patrimoine naturel : 31ème édition des Journées Européennes du Patrimoine

Les 20 et 21 septembre, à l’occasion de la 31ème édition de cette manifestation devenue incontournable, le service Patrimoine vous invite à jeter un regard autre sur la ville, par le biais d’animations gratuites dans de grands monuments ou dans des sites privés ouverts exceptionnellement à la visite, répondant ainsi en écho à la thématique fixée par le Ministère de la Culture.

Programme détaillé disponible à l’OTSI du Pays de Laval

 

Le CIAP de Sainte-Suzanne

Pour en savoir plus : http://www.chateaudesaintesuzanne.fr

 

Exposition : « Auguste Alleaume (1854-1940), maître-verrier lavallois »

Le service du patrimoine du Conseil général de la Mayenne s’est attaché ces dernières années à réhabiliter l’oeuvre du peintre-verrier lavallois Auguste Alleaume (1854-1940). Son atelier, dont l’activité dura de 1893 à 1937, marqua profondément la production verrière de l’Ouest de la France. Dans le Maine, près de 200 édifices civils ou religieux en conservent la trace. Pourtant, aussi dense soit son oeuvre, elle reste encore méconnue du grand public.

Le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine a donc décidé de révéler au public l’œuvre de cet artiste ainsi que le savoir-faire verrier à travers son exposition temporaire annuelle. Pédagogique et vivante, cette présentation s’articule autour de trois sections thématiques : l’œuvre d’Auguste Alleaume, le processus de création d’un vitrail, la restauration des vitraux.

 

Le château de Mayenne

Pour en savoir plus :http://www.museeduchateaudemayenne.fr 

 

Exposition temporaire jusqu’au 21 septembre :

« Instants Japonais »

En l’honneur des 50 ans du club de Judo, le musée vous invite à découvrir le Japon, au travers de l’exposition « Instants Japonais ». Pourquoi « instants » ? Car c’est plus qu’une simple exposition, c’est tout un univers que nous avons recréé afin de vous plonger dans le monde fascinant du pays du soleil levant et ainsi amener un peu de sa culture et de sa poésie au château…

Au programme, une exposition des photos de l’artiste Mike Chenut pour s’émerveiller, un jardin zen d’inspiration japonaise pour se relaxer, un coin lecture pour découvrir, de nombreuses visites et animations pour apprendre et beaucoup d’autres surprises !

 

Le musée de Jublains

Pour en savoir plus : http://www.museedejublains.fr/

Exposition « sur les rails de l’histoire » : jusqu’au 21 septembre

Tout le monde a pris connaissance de la mise en service, en 2017, d’une nouvelle Ligne à Grande Vitesse entre Rennes et Le Mans. Les travaux liés à sa construction, menée par Eiffage Rail Express, occupent déjà notre espace quotidien et impressionnent par leur envergure titanesque. Les premiers présents sur cet immense chantier ont été les archéologues, qui, depuis 2009, ont patiemment étudié les traces du passé disséminées sur les 214 km du tracé. Cette exposition fait le bilan de ces fouilles hors normes et de leurs principales découvertes.

A Jublains, des objets originaux sont présentés pour la première fois au public, ainsi que des maquettes et des dessins, de manière à mettre en valeur l’archéologie de la LGV en Sarthe et en Mayenne.

Samedi : Conférence, 14h30, Nolwenn Zaour (Inrap) : « La métallurgie du fer dans l’Ouest de l’âge du Fer au Moyen Âge »

 

Journées européennes du patrimoine : Samedi et dimanche : 10h -18h, sur la forteresse :

Expérimentation archéologique (Inrap)

Opération de réduction du minerai de fer dans un four reconstitué

– La forge métallurgique – Association West Side Team

Deux forgerons métallurgistes reproduisent les gestes des artisans antiques.

– La forge gallo-romaine – Simon Pellequer

Cette animation présente l’étape ultime de la transformation d’une barre de fer en objet.

Les commentaires sont clos.