L’Abbaye d’Entrammes célèbre ses 200 ans

Le 21 février 1815, neuf moines sont arrivés à pied à Port-Ringeard. Ils y fondent l’abbaye Notre-Dame-du-Port-du-Salut. Un événement local qui rejoint la grande histoire.

Un jour de l’hiver 1815, une étonnante procession traverse la commune d’Entrammes pour gagner les bords de la rivière Mayenne. Les témoins de la scène reconnaissent dans ce cortège des moines trappistes, identifiables à leur robe de bure de couleur blanche. Conduits par Dom Bernard de Girmont (cf. photographie), ils viennent de quitter la ferme de la Doyère à Louvigné, où ils étaient installés depuis quelques mois. La joie chevillée au cœur, ils achèvent, dans la prière, une marche qui les conduit vers l’asile plus confortable de l’ancien prieuré de Port-Ringeard. Depuis juin 1791 et l’expulsion par les autorités révolutionnaires des trois derniers moines qui occupaient le site, les bâtiments monastiques attendaient de retrouver un semblant de vie. C’est chose faite en ce 21 février, jour où les religieux plantent leur croix pour marquer symboliquement la fondation du premier monastère trappiste en France depuis la chute de Napoléon.

Dom Bernard de Girmont Le 10 décembre 1816, Dom Bernard reçoit une bulle apostolique confirmant la fondation de la Maison Dieu du Port-du-Salut. Le pape reconnaît officiellement l’existence de la congrégation religieuse présente à Entrammes et hisse cette dernière au rang d’abbaye. Dès lors, l’augmentation du nombre de vocations monastiques suscitées dans les environs va contribuer au développement du monastère et à la reconstruction des bâtiments préexistants. Le 3 juillet 1824, monseigneur de La Myre, évêque du Mans, consacre la nouvelle église sous le vocable de la Vierge et de Saint-Bernard. Largement agrandi grâce à une quête entreprise auprès des Lavallois, le nouveau sanctuaire abrite bientôt la dépouille de Dom Bernard qui meurt le 20 juin 1834. A l’issue d’une cérémonie solennelle, le premier abbé du Port-du-Salut est inhumé dans le petit cimetière de la communauté.

Il y rejoint Jean-Baptiste Leclerc de la Roussière, laïc décédé en 1823 ayant obtenu le droit exceptionnel d’être enterré au monastère. Un lien étroit unissait les deux hommes depuis longtemps : exilé pendant la Révolution à Darfeld en Allemagne, Leclerc de la Roussière avait trouvé refuge auprès des moines trappistes. De retour en France, il avait acheté l’ancien prieuré de Port-Ringeard pour en faire don aux moines qui l’avaient charitablement recueilli. Ainsi était née l’abbaye du Port-du-Salut…

Stéphane Hiland

Les commentaires sont clos.