Rapport moral

Le président Jacques Naveau
Rapport moral – Jacques Naveau, président

La SAHM a déploré en 2007 la perte de deux membres éminents. Michel Denis, président d’honneur, a toujours suivi avec attention la vie de notre association, malgré ses hautes responsabilités de président de l’Université de Rennes 2 Haute-Bretagne, puis de président du Conseil national des Langues et Cultures régionales et de directeur d’études à l’Institut d’Études Politiques de Rennes. La conférence qu’il a prononcée devant nous le 20 janvier 2001 (retranscrite dans MAH 24, 2001), sur le rôle que doivent jouer les associations tournées vers l’histoire et le patrimoine, est un message essentiel qui doit éclairer nos orientations. Diane de Maynard, secrétaire adjointe de la SAHM, a pour sa part exercé une partie de son activité au sein du service départemental de l’Inventaire. Elle a contribué à d’importantes publications : Les retables de la Mayenne, La Métallurgie du Maine, Les orfèvres de l’Anjou et du bas Maine… Le souvenir de ces deux personnalités qui se sont dévouées à l’histoire de la Mayenne, notamment par le biais de la vie associative, nous rappelle l’attention que nous devons avoir à la pérennité de nos actions.

L’assemblée générale du 16 décembre 2006 avait fixé trois objectifs principaux. Le premier était d’accélérer et de faire aboutir le processus du Dispositif Local d’Accompagnement (DLA) dans lequel nous étions engagés (mission mandatée par le CEAS et financée par la DDTEFP, la Caisse des Dépôts et Consignations, le FSE et le Conseil régional des Pays de la Loire). Ce dispositif devait nous permettre de faire évoluer notre mode de fonctionnement et de mieux maîtriser notre budget, en établissant des bilans clairs et de véritables prévisionnels pour chacune de nos actions. Le second objectif défini par l’assemblée générale était de développer les actions tournées vers l’extérieur de la SAHM, seule justification des aides institutionnelles que nous sollicitons. Enfin, le troisième objectif était de développer une campagne d’adhésion qui soit l’affaire de tous.

L’état des lieux montre au moins que ce dernier objectif n’a pas été atteint, puisque le nombre d’adhérents ne cesse de s’éroder, n’atteignant que le nombre de 643 à la fin de 2007, malgré les nombreux rappels adressés à des sociétaires qui n’ont pas versé leur cotisation. Les informations dont nous disposons montrent que, pour un quart, ces défections sont dues aux décès ou au vieillissement de l’association, ce qu’il faut traduire par un manque de renouvellement et donc d’attractivité auprès d’un public plus jeune. D’autres départs sont dus à l’éloignement de la Mayenne ou au manque de temps mais, la plupart du temps, les sociétaires défaillants ne nous font pas connaître leurs raisons.

La fréquentation des conférences et des excursions, sans atteindre les chiffres que l’on connaissait il y a une quinzaine d’années, se maintient autour de 60 dans le premier cas et de 90 dans le second. Il faut noter en particulier le succès des excursions d’une demi-journée.

Le mode de fonctionnement interne enregistre des réussites, comme le remplacement dans de bonnes conditions de l’assistante de gestion, qui est aujourd’hui Mme Sonia Pouessel, et l’aboutissement du DLA. Toutefois, il faut regretter que les commissions, en-dehors du groupe travaillant sur les chapelles, restent exclusivement l’affaire des membres du conseil d’administration, ce qui n’est pas du tout leur vocation. Au contraire, elles devraient permettre à tout adhérent qui le souhaite de participer à la vie et aux actions de la SAHM dans le domaine de son choix. Ce problème est certainement l’un de ceux qu’il faudra affronter avec le plus de détermination, de même que le cloisonnement remarqué entre les diverses commissions.

Enfin, le renouvellement des activités est resté très modeste. L’ouverture sur l’extérieur est réalisée pour l’essentiel par le groupe travaillant sur les chapelles, grâce surtout à l’énergie de quatre meneurs dynamiques : Alain Guéguen, Gervais Barré, Jean-Pierre Griveau et Joël Poujade.

Partant de ces constatations, nous devons convenir que si les bases financières de la SAHM sont maîtrisées, il est impératif de renforcer ses bases humaines. Cela signifie d’abord faire entrer de nouveaux adhérents. Le conseil d’administration peut y contribuer en imaginant des projets susceptibles d’attirer un public nouveau. Les commissions sont aussi concernées, car elles doivent garder à l’esprit la nécessité de faire vivre en permanence, en leur sein, une cooptation assurant l’avenir de leurs actions. Mais il faut redire que la recherche d’adhérents est l’affaire de tous les sociétaires, qui doivent avoir envie de partager leurs passions et qui doivent diffuser l’image d’une société non élitiste, non réservée à des spécialistes, mais conviviale et ouverte à tous ceux qui veulent connaître, dans sa dimension historique, le milieu où ils vivent.

D’une manière plus générale, le renforcement des bases humaines de la SAHM passe par une plus grande participation des sociétaires à la vie de leur association. La SAHM n’est pas une administration où un groupe de techniciens serait chargé de la totalité des travaux. Elle est l’adhésion d’un grand nombre de bénévoles à un projet commun au service de la Mayenne. Les commissions offrent le cadre permettant de mettre en œuvre ce bénévolat. Là réside l’ouverture dont nous avons, sur les conseils de Michel Denis, ressenti la nécessité. À l’intérieur des commissions, chacun se sait investi d’une responsabilité concrète à la mesure de ses compétences. Il n’est nullement besoin d’être un spécialiste en histoire pour rendre service à son association et, à travers elle, au territoire où s’exerce son activité. Des tâches toutes simples, mais nécessaires au fonctionnement de la SAHM, requièrent l’investissement de bénévoles, comme l’envoi des bulletins mensuels ou la distribution des revues. Il nous semble que la commission la plus utile à mettre en place serait une commission « vie associative » capable de réaliser, dans une ambiance de convivialité, ces travaux si utiles. Cela demande non seulement la participation, mais surtout l’initiative d’adhérents extérieurs au conseil d’administration, décidés à s’organiser ensemble pour le renouveau, donc pour l’avenir de la SAHM.

Rappelant qu’arrivé au terme d’un troisième mandat consécutif, il n’est pas rééligible, le président exprime le vœu que 2008 soit une année de reprise pour l’association et de bonheur pour les bénévoles qui la constituent.

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