Assemblée 2010

Assemblée générale de la SAHM – 30 janvier 2010
 

Stéphane Hiland : Président
Michel Dloussky : trésorier
Jacques Naveau : secrétaire

 

 ____________________

Assemblée générale de la SAHM – 30 janvier 2010

Rapport moral et d’orientation(Par Stéphane HILAND, président de la SAHM)

 

Ces temps derniers, l’actualité nous ramène immanquablement à évoquer le phénomène de « crise » qui touche de plein fouet le monde dans lequel nous vivons. Qu’elle soit économique, sociale ou climatique, cette dernière semble marquer profondément notre quotidien. Pire encore, il semble quasi-impossible d’échapper au climat de morosité ambiante qu’elle a su faire naître dans nos esprits. Aussi, à l’heure de rédiger ces quelques lignes visant à vous présenter le rapport moral de notre association pour l’année qui vient de s’écouler, n’ai-je pu m’empêcher moi-même de m’abandonner à quelques pensées négatives. En effet, la lecture des chiffres bruts de l’état des adhésions ne nous incitent pas, au premier abord, à l’optimisme. Il faut malheureusement constater une érosion régulière de nos rangs : de 645 membres en 2007 à 550 en 2008, nous sommes passés à 473 pour l’année 2009. Pour la première fois depuis un petit peu plus de vingt-cinq ans, notre association n’émarge plus au rang des structures fortes d’un demi millier d’individus. Par ailleurs, la moyenne d’âge est passée en moins d’un an de 61 à 64 ans. Si l’on ajoute à cela le fait que parmi nos nouveaux adhérents (au nombre de 20 en 2009), on ne compte que deux personnes de moins de 40 ans, nous avons, comme nous le dirions simplement dans le cadre d’un échange verbal, du souci à nous faire.

 

Faut-il voir par l’intermédiaire des ces chiffres alarmants le signe d’un vieillissement de la SAHM et, à terme, la menace de sa disparition ? Personnellement, je ne le crois pas et j’irai même jusqu’à affirmer, sans optimisme candide, que notre association a encore de beaux jours devant elle. En effet, la « crise » qui semble la frapper de plein fouet n’est sans doute pas aussi dramatique que nous pourrions le penser. Elle vient s’inscrire dans un mouvement général de redéfinition du monde associatif et de son rôle, tel que celui-ci peut être remarqué dans le rapport du sénateur Bernard Murat. La lecture de cet écrit nous apprend notamment que la France n’a jamais montré une aussi grande vitalité associative : les chiffres fournis par l’INSEE établissent qu’en 2009 14 millions de français appartenaient à une ou plusieurs associations contre 8 millions en 1990. On peut y voir l’expression d’une volonté d’investissement de nos concitoyens en dehors du monde professionnel, ce qui apparaît au demeurant comme le gage d’une société dynamique. Néanmoins, il faut souligner que ces chiffres sont à assortir de deux remarques non dénuées d’intérêt : la première fait état du phénomène de « zapping » qui touche aussi le monde du bénévolat et la seconde du nombre croissant des associations dont les champs d’action sont devenues, par ailleurs, de plus en plus divers et variés.

Appliquées au cas particulier de la SAHM, ces observations peuvent permettre d’apporter un tout autre regard sur la situation que nous connaissons actuellement. Depuis trois ans, nous déplorons un nombre croissant de désistement, non pas comme nous pourrions le penser au départ en raison du décès de certains de nos adhérents parmi les plus âgés (7% en 2009), mais du désintérêt porté à la SAHM stigmatisé par 80% d’impayés ! Peut-être faut-il, et ceci malgré les nombreux rappels, incriminer le simple « oubli » mais il convient surtout de constater l’existence d’adhésion de circonstance : on adhère à la SAHM à l’occasion d’une sortie, de l’intérêt porté à une publication ou par l’intermédiaire d’un proche, mais parfois sans véritable et profonde conviction. Pour caricaturer, j’affirmerai volontiers que comme aujourd’hui on ne fait plus 30 ans dans la même entreprise, il en va de même pour l’association dont l’adhésion répond finalement à un besoin ou une envie ponctuels. Ces derniers s’expriment également par ailleurs par des initiatives locales de plus en plus nombreuses. Si autrefois, dans son domaine de compétence à savoir la protection et la valorisation du patrimoine historique et archéologique de la Mayenne, la SAHM était seule à œuvrer, il n’en est plus de même aujourd’hui. Un récent inventaire, établi grâce aux services de la Préfecture, m’a permis de recenser pas moins de 44 associations qui, au niveau local sur un territoire géographique déterminé ou sur un domaine spécialisé en particulier, milite en partie pour des préoccupations communes aux nôtres.

Alors faut-il en conclure que la SAHM aurait échoué dans son rôle initial ou faut-il plutôt y voir l’expression de l’émergence de nouvelles pratiques culturelles ? Mon expérience professionnelle de médiateur du patrimoine, de fait régulièrement mis en contact avec le public et enclin à en connaître les attentes, me pousserait plutôt à opter pour la seconde explication. Si les Français n’ont jamais cessé d’avoir un rapport privilégié à l’Histoire, il faut néanmoins remarquer que celui-ci a évolué dans un cadre autre que la simple lecture d’ouvrages ou de visites de sites lors des vacances estivales. L’action conjuguée des médias (la télévision avec ses documentaires, la presse avec ses titres spécialisés et surtout Internet où il est permis à tout à chacun de trouver son compte) et des pouvoirs publics (création en 1985 du label « Ville d’Art et d’Histoire » et mise en place d’actions de valorisation du patrimoine de plus en plus nombreuses) a achevé de fondre la SAHM dans un horizon obstrué par pléthore de propositions et où, de fait, il lui est devenu difficile de trouver de la visibilité auprès du grand public.

C’est donc vraisemblablement dans le domaine de la communication que notre association se doit de s’améliorer. Je serai pour ma part favorable à la nomination dans nos rangs d’un monsieur ou d’une madame « communication » qui accepte volontairement d’endosser ce rôle mais je suis en même temps pleinement conscient de l’investissement que cela demande. Aussi paraît-il souhaitable de songer à renforcer la lisibilité de nos actions. Le travail fourni par nos bénévoles mérite amplement d’être salué et reconnu par le plus grand nombre; d’autant que ces derniers temps la SAHM a su, grâce à leur dévouement, développer des projets novateurs. Il apparaît fort à propos de citer ici quelques unes de ces réussites qui ont permis de partir à la conquête de nouveaux publics :

– en premier lieu, évoquons la réussite du jeu-concours intitulé « Traces de vie, mémoire d’un passé » qui a pris place dans les colonnes du Courrier de la Mayenne du 9 juillet au 27 août. Par cet intermédiaire, le public a pu prendre connaissance de l’histoire de notre riche département sous la forme d’épisodes adoptant un caractère chronologique, tout en découvrant les richesses de notre patrimoine. Les questions posées chaque semaine au lecteur du journal invitait bien entendu à se rendre sur les sites évoqués. Au final, à l’issue de la saison estivale, c’est près de 70 bulletins réponses qui ont été retournés, attestant du fait que l’opération a été suivie avec assiduité par une partie du lectorat du Courrier de la Mayenne qui, à cette occasion, a peut-être fait connaissance avec notre association.

– en second lieu, soulignons également le succès rencontré par la deuxième édition de la randonnée patrimoine organisée le 3 septembre dernier sur le territoire des communes d’Olivet et de Port-Brillet. L’événement, soutenu par le Comité départemental de la Randonnée Pédestre, a réuni une centaine d’amoureux de la marche, heureux de se retrouver pour un moment plaisant de découverte autour du patrimoine local. La réussite d’une telle initiative doit nous encourager à œuvrer dans le sens du développement du partenariat entre associations.

– Notons également la réactivation de la commission vie scolaire qui avait été mise en sommeil il y a quelques années faute de projets concrets. A la suite d’un contact informel avec le principal du collège public de Meslay-du-Maine, il a été décidé de lancer une opération pilote visant à s’inscrire à terme dans un projet d’établissement. Par cet intermédiaire, la SAHM pourra, dans les mois à venir, mobiliser ses ressources, notamment humaines, dans un soutien aux enseignants cherchant à faire travailler leurs élèves sur le patrimoine local. En aparté, il convient de signaler que la prise de contact a été possible à l’occasion de la mise à disposition à l’office de tourisme de Meslay du Maine de l’exposition itinérante mise sur pied par le groupe « chapelles », illustrant fort à propos ce qu’il convient d’appeler « l’effet boule de neige ».

– Au rayon des satisfactions, il paraît opportun d’évoquer la genèse de notre nouvelle politique de publication. Vous le savez sans doute depuis quelques mois, « Mayenne, archéologie, histoire » a cessé d’exister, du moins sous sa forme que nous lui connaissions de revue pluridisciplinaire. Dorénavant, chaque année la SAHM éditera un véritable ouvrage offrant une thématique définie. En 2010, le premier opus de cette nouvelle collection sera consacré aux chapelles de la Mayenne. Vous y trouverez à la fois quelques articles de fonds mais aussi surtout des propositions de circuits-découvertes autour de ce patrimoine bien souvent méconnu. L’attractivité de cette publication sera renforcée par une nouvelle maquette et par le fait qu’elle sera entièrement en couleur. Une grande première dans l’histoire de notre association et qui renforcera à coup sûr son impact auprès du grand public.

– Enfin, rappelons l’existence, ô combien précieuse en ces temps de révolution numérique, de notre site Internet qui présente la particularité non négligeable d’être régulièrement mis à jour par notre « Webmaster », Bertrand Béranger, dont nous pouvons ici souligner la disponibilité. C’est devenu aujourd’hui le vecteur de communication indispensable à toute structure qui souhaite se faire connaître. D’ailleurs, afin de sortir notre site d’une certaine confidentialité dans laquelle il se trouve depuis sa naissance, nous avons décidé d’investir dans un référencement auprès des moteurs de recherche les plus utilisés sur le Web. Ainsi, il sera bientôt possible de trouver la SAHM en bonne position lorsque l’internaute tapera sur son clavier des mots clés tels histoire, archéologie, patrimoine et bien sûr Mayenne.

Si des efforts sont consentis envers le grand public, et ceci avec la volonté d’enrichir nos rangs, il faut également remarquer que nous n’oublions pas nos adhérents qui, pour beaucoup, nous sont fidèles depuis de nombreuses années. Vous aurez sans doute remarqué que, depuis quelques mois, notre bulletin mensuel s’est enrichi. Cet outil de communication interne présente toujours les temps forts de la vie de l’association avec ses compte-rendu d’excursions et de conférences mais rebondis également dorénavant sur l’actualité du patrimoine en Mayenne. A cela s’ajoute une rubrique « agenda culturel » que nous souhaitons ouvrir à toutes les initiatives visant à faire vivre l’histoire de notre département. Néanmoins, et ce à titre personnel puisque je suis directement impliqué dans sa mise en œuvre, je souhaiterai voir se constituer autour de moi une petite équipe de rédaction. Il serait notamment de bon ton que je puisse recevoir le soutien d’au moins deux correspondants, l’un se chargeant de suivre l’actualité du nord-Mayenne et l’autre, assez logiquement, du sud. N’hésitez pas à vous faire connaître car la SAHM est à la fois « votre » association mais aussi une tribune d’expression pour tous les passionnés d’Histoire, qu’ils soient professionnels ou simples profanes.

C’est en effet à l’aune de l’investissement de ses bénévoles que l’on juge du dynamisme d’une association (et non à son nombre total d’adhérents !). Le réseau formé par le groupe « chapelles » en est sans doute la plus belle illustration, venant prouver par ailleurs que nous pouvons tous apporter « notre pierre à l’édifice », que nous soyons par ailleurs jeunes ou moins jeunes. Sur ce dernier point, nous ne pouvons que nous féliciter du renouvellement progressif, ces dix dernières années, des cadres de notre association. A ce jour, nous pouvons dénombrer au sein du conseil d’administration cinq membres ayant moins de 40 ans (sur 19 représentants en total), dont le benjamin de cette auguste assemblée est Samuel Chollet par ailleurs vice-président. C’est un signe de bonne santé et je ne peux que rendre hommage à mes prédécesseurs Monique Gueguen et Jacques Naveau qui sont à mettre à l’origine de ce processus salvateur. En tant que président mais aussi en tant que simple adhérent de la SAHM (à laquelle je suis fidèle pour ma part depuis 1993), je peux témoigner du climat de convivialité et parfois même de franche camaraderie qui règne entre les générations représentées. Notre association tend, au gré des rencontres, à générer des liens d’amitié et d’affection entre ses membres et c’est ce qui fait, au-delà de la simple expression de notre passion commune, sa véritable richesse ; du moins l’inscrit-elle, bien qu’étant par nature tournée vers le passé, un peu plus encore dans le futur…

Les commentaires sont clos.