Novembre

Ça s’est passé en Mayenne en Octobre

Moulay : l’oppidum gaulois au cœur d’un vaste chantier archéologique

En raison de la pose récente de panneaux d’information à proximité du site, nul ne peut ignorer que l’État s’est engagé à Moulay sur l’un de ses grands chantiers pour la relance. D’un coût total de 6,4 millions d’euros, les fouilles qui vont être entreprises dans les prochains mois par une équipe d’une trentaine d’archéologues devraient permettre d’asseoir nos connaissances sur ce qui est, à ce jour, la plus importante forme de proto-urbanisation d’époque gauloise dans l’ouest de la France.

Pour mémoire, rappelons que les recherches réalisées au début des années 70 par Jacques Naveau avaient permis de confirmer l’existence, à la Tène finale (150-50 avant JC.), d’une enceinte fortifiée de 12 hectares dominant la rivière Mayenne sur le site actuel du village de Moulay. Non loin du terrain de sport communal, il est encore possible d’admirer en élévation les vestiges du rempart en terre qui protégeait un espace à vocation commerciale et peut-être cultuelle. C’était sans doute autrefois le principal site de regroupement de la tribu gauloise des Aulerques Diablintes avant que le conquérant romain ne vienne à fonder la cité de Jublains.

En 2004, un diagnostic archéologique réalisé au préalable du lancement des travaux du contournement routier de Mayenne par la RN 162 a permis de renouveler les problématiques inhérentes à la connaissance de l’oppidum de Moulay. Il s’est avéré notamment que l’enceinte précédemment repérée n’était qu’une toute petite partie d’un ensemble plus vaste de 135 hectares s’appuyant sur les rives de l’Aron et de la Mayenne. A titre indicatif, alors que l’établissement d’Entrammes ne fait que 55 hectares, ses dimensions surprenantes en font l’un des dix plus importants oppida répertoriés sur le territoire de la Gaule.

C’est ce site, désigné maintenant sous le nom d’oppidum du Mesnil, qui va faire l’objet d’une étude détaillée sous la direction d’Elven Le Goff, responsable du chantier de ce qui sera la plus grande fouille archéologique jamais menée en Europe sur un site d’époque gauloise. Gageons que les prochains mois seront riches en découvertes, dont nous ne manquerons pas de vous faire part régulièrement dans ces colonnes…

Stéphane Hiland

Autres informations :

La thèse de doctorat de Florian SARRESTE intitulée « La sidérurgie ancienne dans le Bas-Maine (8ème siècle av. JC – 15ème siècle ap. JC) » est téléchargeable au format PDF à l’adresse suivante : Sarreste

Choisir « Consulter la thèse en ligne sur le site de l’Abes » pour la télécharger

Le Bas Maine (département de la Mayenne, ouest de la Sarthe et sud-ouest de l’Orne) reprend les contours de la cité antique des Diablintes. Les recherches anciennes et quelques découvertes ponctuelles indiquaient ici la présence probable de zones de production sidérurgique antérieures au 15ème siècle et à l’apparition du haut-fourneau dans cette région. La présente étude le confirme. L’utilisation de différentes méthodes de recherche documentaire et les vérifications au sol ont permis d’enregistrer plus de 420 sites liés à la réduction directe qui forment des zones de production, dont les plus importantes se trouvent à la limite des départements de la Sarthe et de la Mayenne. En outre, la fouille d’un ferrier, les analyses archéométriques menées sur les vestiges collectés sur les sites de réduction, mais également dans les forges de la capitale diablinte, Noviodunum/Jublains, ont permis d’apporter des éléments nouveaux sur l’organisation de la production du fer durant l’époque romaine, la plus représentée dans la région, et de proposer l’existence de variations techniques au sein de la filière de réduction directe du fer.

A Signaler : En réaction à l’une des brèves d’actualité de l’été, notre adhérent P. Guilloux nous demande d’apporter cette précision concernant la libération de la ville de Château-Gontier durant l’été 1944. Si la 2ème DB de Leclerc voit effectivement son itinéraire passer par la capitale du Haut-Anjou, il faut néanmoins signaler qu’elle a été précédée le 6 août par la 5ème DB américaine du général Oliver. Cette dernière se retrouvera aux prises quelques heures plus tard aux forces allemandes dans un violent combat à hauteur du Coudray, dont vous pouvez trouver sur Internet un compte rendu détaillé : combat

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