Octobre

Ça s’est passé en septembre 2009 en Mayenne

VILLIERS-CHARLEMAGNE : un site d’époque tardi-glaciaire mis au jour

Le 11 septembre s’est achevée sur le site de la Fosse à Villiers-Charlemagne la première des trois campagnes de fouilles prévues par la DRAC Pays de la Loire et dirigée par le préhistorien Nicolas Naudinot.

C’est à l’occasion de l’extension de la surface d’exploitation d’une carrière toute proche, qu’il y a 9 ans Bernard Bodinier, enseignant en retraite, a eu la chance de découvrir en surface un gisement de près de 5.000 silex taillés.

Aussitôt alertés, les chercheurs de l’UMR 6566 du CNRS de Rennes, groupe qui travaille plus spécifiquement sur l’analyse de la technologie lithique employée par les habitants du grand ouest français à la fin de la dernière période glaciaire, ont diagnostiqué l’existence d’un site important d’habitat préhistorique daté de – 10.000 ans avant notre ère.

En 2007, des premiers sondages permettant la découverte de grattoirs de peaux, de pointes de flèches et de haches en pierre sont venus confirmer l’intérêt de la zone qui a donc fait l’objet d’une première fouille programmée lors de cette présente saison estivale.

Celle-ci a révélé que, au niveau d’un méandre prononcé de la Mayenne, en fond de vallée, une communauté humaine s’est autrefois fixée pour y vivre dans un milieu proche de la steppe couvert de genévriers et peuplé de cerfs, de chevaux sauvages et d’aurochs.

Les traces évidentes d’un campement constitué de tentes ont été relevées ainsi que l’identification de l’endroit où les hommes taillaient les silex.

Cependant, on notera que les archéologues n’ont pas eu la chance de découvrir des restes humains au regard de la nature particulière du terrain qui a contribué à dissoudre les ossements. Il n’en demeure pas moins que le site de la Fosse s’annonce prometteur et que les prochaines fouilles pourraient en souligner l’importance au niveau national voire même européen. Affaire à suivre…

LAVAL : Un atelier sidérurgique gallo-romain à la Gaufrie ?

Découvert à l’occasion d’une prospection pédestre en mai 2003 par Michel Hubert, l’un de nos adhérents de Mayenne, le site archéologique de la Gaufrie présente, à ce jour, la particularité d’être l’un des rares témoignages attestant d’une activité humaine sur le territoire de l’actuelle commune de Laval à l’époque gallo-romaine.

Néanmoins, malgré son intérêt indéniable souligné par le fait qu’il soit recensé en zone de sensibilité par le Service Régional de l’Archéologie (DRAC), ce dernier risque de disparaître au dépend de l’aménagement à venir d’un terrain d’accueil pour les gens du voyage, sans malheureusement qu’aucune opération visant à recueillir les informations que recèle le sous-sol ne soit envisagée.

Et pourtant, des traces apparentes de ce lointain passé affleurent à même le terrain ! Ancien espace dévolu aux activités agricoles, la Gaufrie présente à l’heure actuelle une vaste zone longue de plus d’une centaine de mètres marquée par l’étalement de déchets métallurgiques. Les nombreuses scories qui jonchent le sol sont dites « coulées » et se présentent sous la forme de fines plaques d’un ou deux centimètre d’épaisseur dont l’une des faces est couramment plissée sous forme de vagues suite à la solidification de cet écoulement au contact de l’air au sortir du pied d’un bas-fourneau.

On retrouve de façon récurrente ces caractéristiques particulières dans les sites métallurgiques gallo-romains datés des deux premiers siècles de notre ère, et, de fait, tout porte à croire que le site devait autrefois accueillir une exploitation proto-industrielle visant à la réduction du minerai de fer.

En parallèle, les prospections pédestres réalisées par Michel Hubert ont livré un mobilier d’une toute autre nature (verrerie, céramiques sigillées à décor) qui viennent corroborer la thèse selon laquelle des bâtiments à usage domestique se trouvent à proximité.

Tout ces éléments mis bout à bout font de la Gaufrie un site à valoriser, ce dont notre association, par l’intermédiaire de l’intervention active de quelques-uns de ses membres, s’est fait un devoir en cette fin d’été.

L’Oribus n° 75 est paru, à son sommaire :

– Sanzaki : La longue histoire de la « goutte » dans le Nord-Mayenne par Alain Olivier

– De l’église à l’usine : les prêtres ouvriers par Bernard Houël

– 1914 : Mayenne ville de transit pour des indésirables » par Michel Dloussky

– André Bouton-Marius Lepage : ils ont coécrit Histoire de la Franc-Maçonnerie dans la Mayenne par Nicole Villeroux

– Félix Blaviel maître d’armes d’Alfred Jarry (2) par Jean-Yves Gougeon

– Le squelette humain de Voutré date de la Tène par Jérôme Tréguier et Stéphanie Pruvot

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