Novembre

Octobre 2010 : Actualités : ça s’est passé récemment en Mayenne ou ailleurs

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

Prochaine publication de la SAHM : parution prévue début décembre
De Juvigné à Meslay-du-Maine, de St-Ouen-des-Vallons à Cossé-le-Vivien, 54 communes et 10 quartiers de Laval, composant ensemble l’ancien comté de Laval, défilent devant nous dans Pastoureaux & pastourelles. Ce chant de Noël est extrait d’un remarquable manuscrit portant la date de 1644, conservé à la Bibliothèque Albert Legendre de Laval.

Chaque lieu fait l’objet d’un texte pittoresque évoquant son offrande de Noël.

Mais l’intérêt principal de ce manuscrit réside dans ses innombrables illustrations qui forment un savoureux tableau de la vie en Mayenne au milieu du 17e siècle.

Qui mieux que Jean-Marie Poirier, luthiste dirigeant l’ensemble de musique ancienne Le Trésor d’Orphée, pouvait présenter ce beau document d’histoire locale, reproduit ici en taille réelle, en le replaçant dans la perspective des Noëls anciens ?

Vous pouvez venir retirer la publication (correspondant à la cotisation 2010) dès le 6 décembre au local de la SAHM.

 

L’archéologie de la Virée de Galerne au Mans

Il y a près de deux siècles dans le contexte des Guerres de Vendée, la ville du Mans devenait le théâtre d’un affrontement violent entre républicains et royalistes. Le chantier archéologique conduit au printemps dernier sur le site des Jacobins a permis de découvrir les charniers datant de cette époque.

La virée de Galerne et la bataille du Mans

Le 10 décembre 1793, l’armée catholique et royale s’empare du Mans. Les troupes républicaines reprennent la ville les 12 et 13 décembre. 20.000 à 30.000 soldats républicains affrontent 30.000 à 60.000 Vendéens dont 10.000 à 20.000 combattants. Le gros de l’armée vendéenne fuit la ville à marche forcée en direction de Laval. À la suite des combats, la répression envers les prisonniers et les fuyards, malades, blessés, vieillards, femmes et enfants, va se dérouler au Mans et alentours. 2.000 à 5.000 Vendéens vont perdre la vie dans cette bataille, qui fera une centaine de morts parmi les forces républicaines. Cette grande armée vendéenne composée principalement d’Angevins était déjà sujette à une forte mortalité, sans combattre, liée à une épidémie de dysenterie accompagnée de fièvre putride : « la maladie brigantine ». La bataille du Mans est un épisode important de « la virée de Galerne » au cours de la première guerre de Vendée. La galerne désigne le vent du Nord-Ouest et caractérise ici et pour les Vendéens les pays au Nord de la Loire. La virée de Galerne débute le 18 octobre 1793, au lendemain de la défaite de Cholet. Elle s’achève par l’anéantissement de l’armée catholique et royale dirigée par Henri de la Rochejaquelein, généralissime de 21 ans, à Savenay, le 23 décembre 1793, par les troupes de Kléber.

Archéologie d’une catastrophe

Aujourd’hui, une partie des fosses contenant ces victimes est pour la première fois fouillée dans des conditions optimales par cette équipe d’anthropologues et d’archéologues. Neufs charniers contiennent les restes d’au moins 140 sujets. Les individus sont parfois tête bêche. Certains sujets possèdent encore boutons de chemise et de culottes, boucle de bottes ou de guêtres, canif, chapelet… La majorité des fosses a été condamnée par une épaisse couche de chaux vive. La disposition anarchique des corps évoque un charnier creusé dans l’urgence, sans réel geste funéraire. Hormis plusieurs adolescents, les sujets inhumés sont tous des adultes tant hommes que femmes. De nombreux corps portent les stigmates osseux de combats violents à l’arme blanche : fractures, incisions nettes, mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée… Les impacts d’armes à feu sur l’os sont minoritaires mais bien présents, confirmés par la découverte de balles et de clous révélateurs de tirs à mitraille.

Anthropologie des combats

L’étude fine de ces lésions (macroscopique et microscopique), leur localisation, leur taille, leur direction et angulation permet la reconstitution des gestes responsables du traumatisme, leur chronologie, ainsi que l’identification de l’arme ou de l’objet responsable de la blessure (poids, puissance, état…) et la mise en relation

avec les données historiques disponibles sur l’armement de la fin du XVIIIe siècle. La caractérisation de ces coups portés par des armes décrites dans les textes et connues dans les musées permettra la création d’un référentiel pour d’autres types de conflits armés et non documentés. En cela aussi cette fouille s’inscrit dans une démarche de recherche novatrice.

Anthropologie d’une population

Au-delà de l’événement, l’étude ostéologique permettra de dresser un bilan complet d’une population de la fin du XVIIIe. La soudaineté des décès et la contemporanéité des défunts offrant une possibilité rare de caractériser une population par son étude démographique et sanitaire. En 2005, l’Inrap avait exhumé le camp napoléonien d’Étaples (1803-1805), établi par la Grande Armée en vue de la conquête de l’Angleterre. Aujourd’hui un important épisode de la Révolution est éclairé par cette découverte archéologique majeure. Les recherches entreprises au Mans sont une occasion exceptionnelle d’appréhender le comportement d’une société face à une crise (en l’occurrence des milliers de morts jonchant les rues de la ville), de percevoir la nature des combats à travers la traumatologie, et de mettre en évidence le recrutement démographique des engagés dans ce conflit révolutionnaire.

Les sépultures « de crise » ou « de catastrophe » sont un thème de recherche novateur en archéologie des temps modernes. Après les charniers de Vilnius (Lituanie) et de ceux de Kaliningrad (fédération de Russie), l’Inrap fouillera prochainement à Borisov, en collaboration avec l’Institut d’histoire de l’académie des sciences de Biélorussie à Minsk, l’emplacement des pontons construits sur la Bérézina par la Grande Armée lors de la retraite de Russie en novembre 1812.

Source : www.inrap.fr

On nous signale

« Le Patronage Laïque, le Club Athlétique Mayennais – Tome I », cahier n° 34 de l’association Patrimoine du Pays de Mayenne

Cahier de 133 pages, illustré de nombreuses photographies, réalisé par Maurice Rossignol avec l’aide de son frère pour la finalité des textes.

En vente au prix de 12 €.

l’Association Présence du Haut-Anjou après 18 mois de recherche vient de publier l’Aventure ferroviaire du Haut-Anjou 1840 1940.

La publication est assurée par l’Association ainsi que la commercialisation, des dépôts sont effectués dans les librairies et grands magasins du Haut-Anjou plus Laval et Angers

« Les conditions dans lesquelles les voies de chemin de fer ont été créées dans le Haut-Anjou? Quels hommes ont été à l’instigation des projets ou les ont menés à bien?

Les débats furent rudes entre les décideurs, les politiques, les acteurs économiques et le public en général. On a pu parler de lutte.

Au terme d’un siècle de fonctionnement, les réseaux ferroviaires du Haut-Anjou ont certes bouleversé les paysages, les échanges, favorisé le développement économique et une nouvelle urbanisation. Ont-ils pour autant rempli le rôle qu’on attendait?« 

L’ouvrage comprend 188 pages et plus de 200 photos ou documents iconographiques, en majorité inédits, son prix de vente est de 19 euros

Jacques Salbert a réécrit « Histoire de Laval ».

La trame chronologique très large (« Le temps des Guy », « Le temps de la splendeur », « Le temps d’un espoir déçu », « Les temps actuels »), qui sert d’ossature à cette histoire de Laval, fournit des repères indispensables à la compréhension de la ville, de ses quartiers, de ses flux de population, de son patrimoine architectural, …

Il convient d’y voir une série de clés pour comprendre en profondeur les mutations de la ville, à travers des situations aussi diverses que la mise en place de la féodalité, la structuration de la ville autour de l’activité linière, la remise en cause du scéma urbain par les ingénieurs sous l’Empire, le repli foncier de ses notables au 19 ème siècle, l’euphorie des Trente Glorieuses…

Histoire de Laval, édition revue et augmentée aux Editions Siloë; 175 pages. 9,90 Euros

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