Octobre

Octobre 2010 : Actualités : ça s’est passé récemment en Mayenne

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

L’argile livre ses secrets à Saint-Pierre-le-Potier

A La Louisière, les archéologues qui interviennent depuis le 20 septembre, ont mis à jour des vestiges intéressants. Prouvant ainsi l’activité économique du site.

Saint-Pierre-le-Potier

C’est un secteur de Laval dont l’origine est lointaine, puisque son église est un édifice roman du XIe siècle, décoré de peintures murales à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, aux environs de 1 200. Au Moyen-Âge, profitant des ressources argileuses du sous-sol ainsi que de la proximité du Bois-Gamats et de la rivière, les habitants du lieu développent un artisanat de la céramique.

La poterie lavalloise

Des fouilles menées par Jacques Naveau, archéologue départemental, au début des années 80, ont permis de découvrir, sur le site de Saint-Pierre-le-Potier, la présence d’ateliers de potiers dont l’origine remonterait au tout début du XIVe siècle. Parmi la variété de produits fabriqués, on a trouvé un type de mortier à trois anses et bec verseur, caractérisé par un décor dit à « oeil-de-perdrix » propre à la région de Laval.

Un diagnostic archéologique

Les propriétaires du terrain de la Louisière ont appris qu’il se situait en zone de sensibilité archéologique. Le service d’archéologie préventive de la Ville est donc intervenu. « Des traces d’occupation humaine ont été trouvées sur le site » a annoncé Samuel Chollet, un des trois archéologues de la Ville, qui a fait intervenir une pelleteuse pour découvrir une parcelle « en amont de la construction ».

Un aqueduc ou un égout

Le terrain, qui est ouvert à hauteur de 7 à 10 % de sa surface, peut alors livrer ses secrets. Ici, à la Louisière, le sol a été ouvert sur 7,75 % de sa surface et a dévoilé de l’argile bleue, un matériau du plus grand intérêt pour les potiers. Mais aussi un four d’extraction, une carrière d’extraction et un aqueduc ou un égout de la fin du XVe ou début du XVIe.

La céramique rose bleue

Un important mobilier céramique rose bleue a été trouvé sur place, typique de Saint-Pierre-le-Potier. « On en a déduit que nous étions en périphérie d’un site de production » poursuit Samuel Chollet. Plus loin, dans la seconde parcelle, ce sont différents types de drains datant du début de l’époque moderne, qui ont été mis à jour.

Une briqueterie du XIXe

Les traces de murs prouvent que deux bâtiments étaient élevés là, un grand de 3,50 m X 8 m et un petit. Le plus grand servait d’atelier pour modeler et sécher les briques. Juste à côté, un four servait à cuire ces briques. Ces vestiges étant le reliquat d’une briqueterie ayant appartenu, au XIXe, à la famille Blanc.

Le grès a remplacé l’argile

Le site est ainsi reconstitué : à l’est, on extrait l’argile, on façonne les briques et on les fait sécher avant de finir, à l’ouest, par la cuisson au four. Les grosses briques produites sur le site, « on les retrouve à Thévalles ». Elles sont caractéristiques du XIXe siècle. « L’intérêt de ce lieu, c’est aussi de démontrer qu’une briqueterie qui prend la place d’un atelier de poterie, c’est, à terme, la mort du site » conclut l’archéologue.

Source : Ouest-France, édition du 4 octobre 2010

 

Le reliquaire d’Evron exposé au Grand Palais

Entretien avec Jean-Yves Rublon, président de l’association les Amis de la Basilique.

Comment le célèbre reliquaire évronnais s’est-il retrouvé à Paris ?

Habituellement à la Basilique, cette belle pièce du trésor de la Basilique est actuellement prêtée par le conservateur du patrimoine mobilier de la Mayenne, Dominique Eraud, pour être exposé au Grand Palais. En place depuis le 6 octobre, il y sera jusqu’au 10 janvier pendant la durée de l’exposition France, entre Moyen Âge et Renaissance. Cette exposition a pour ambition de faire découvrir l’effervescence créatrice qui a accompagné le passage du Moyen-Âge à la Renaissance. Le reliquaire partira ensuite aux États-Unis à l’Art Institute of Chicago pour l’exposition Kings, Queens and Courtiers : Art in early Renaissance France. Cette exposition, qui aura lieu du 27 février au 30 mai 2011, est la « copie » américaine de l’exposition du Grand Palais.

Quelles sont les caractéristiques de ce reliquaire ?

Le reliquaire Notre-Dame-de-l’Épine a été offert en 1516 par François de Châteaubriand, abbé d’Évron, pour remplacer un précédent reliquaire volé en 1508. Réalisé en vermeil par un orfèvre d’Angers, le « Maître à l’oiseau », ainsi nommé à cause du dessin de son poinçon, d’après un dessin vraisemblablement fourni par l’architecte Simon Hayeneufve, il se compose d’un édicule carré formé de quatre piliers supportant un dôme. Les historiens de l’art ont mis en relief le caractère novateur de cette oeuvre du début de la Renaissance française dont la décoration, très riche est directement inspirée de l’Italie. Pour Évron, c’est la seule pièce de la Renaissance et pour le Maine, l’une des premières manifestations de la Renaissance. C’est une pièce majeure du trésor de la Basilique avec la vierge d’argent ou la statue Notre-Dame-de-l’Epine. Ce trésor n’est pas exposé.

Que savez-vous de l’architecte Simon Hayeneufve ?

Il est né à Château-Gontier vers 1450. Il a « passé jeunesse avec les Italiens » avant de « s’en venir au Mans en l’an 1500 » comme le précise son épitaphe. On lui attribue la chapelle de l’évêché du Mans qui n’existe plus, ainsi que le buffet d’orgues de la cathédrale du Mans. Il y a des convergences de style entre ce buffet d’orgues et le reliquaire d’Évron. On est certain que Simon Hayeneufve a dessiné le buffet d’orgues de la cathédrale du Mans.

Source : Ouest-France, édition du 13 octobre 2010

 

Des peintures murales mises au jour dans l’église de Saint-Léger

L’association « Rénovation et entretien de l’église » contribue depuis bientôt trois ans à entretenir et sauvegarder le patrimoine et à faire revivre l’église de Saint-Léger. Récemment, à l’occasion d’un chantier de remise en état des murs intérieurs, les bénévoles ont eu la surprise de découvrir les restes de peintures murales. L’intervention conjointe de deux chercheurs de l’Inventaire général, Christian Davy et Nicolas Foisneau, a permis d’identifier un personnage qui pourrait être Saint-André, dont la réalisation daterait du XVème siècle. Une étude préalable à la restauration de cet ensemble est actuellement en cours.

Source : Ouest-France, édition du 15 octobre 2010

 

On nous signale : L’imminence des fêtes de fin d’année est favorable à la sortie de quelques « bonnes feuilles » dont nous avons le plaisir de vous faire part de la parution prochaine :

« Dictionnaire biographique des décorés de la légion d’honneur de la Mayenne » Tome 3 (1873-1914) par le colonel (e.r.) Bernard SONNECK

Avec ce troisième volume, ce sont 596 notices biographiques nouvelles qui, d’Édouard d’Abbadie à Adolphe Wolf, viennent s’ajouter aux 841 déjà publiées dans les deux tomes précédents. Elles concernent cette fois les légionnaires nommés chevaliers entre juillet 1873, date du rétablissement de la légion d’honneur comme décoration au titre civil après les troubles de la guerre franco-prusienne, et le 31 juillet 1914, à la veille du déclenchement de la première guerre mondiale.

En souscription à 38 euros franco de port jusqu’au 11 novembre 2010 (42 euros après cette date) aux Editions Régionales de l’Ouest, 4 rue Grosse Dupéron, 53100 Mayenne.

 

« Un théâtre d’ombres. Cour de la geôle » par Evelyne ERNOUL et Patrice BULOT

Si la cour de la Geôle doit son nom à d’anciennes prisons qui ont fonctionné au temps de la gabelle, c’est aussi un des tout premiers sites de Craon à avoir bénéficié d’une construction en pierre à une époque où les villes étaient en bois. Epopée, tragédie, comédie furent les ressorts vitaux de ce site pratiquement millénaire, pour finalement s’enrichir au 20ème siècle d’un décor peint exceptionnel.

En souscription à 24 euros franco de port auprès de Mme Evelyne ERNOUL, 3 rue Pierre de Coubertin, 53400 Craon.

 

Dans la rubrique « Liens » : la lettre de novembre du C.I.A.P. de Sainte-Suzanne

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