Août

Ça s’est passé cet été en Mayenne

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

 

Légende de l’illustration : Sur ce tableau présentant Henri IV et la famille royale, Fouquet de la Varenne apparaît en bas à gauche portant en main un message.

Fouquet de la Varenne à l’honneur au CIAP de Sainte-Suzanne

Le 10 juillet dernier a eu lieu au Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine du château de Sainte-Suzanne le vernissage de l’exposition temporaire consacrée à Guillaume Fouquet de la Varenne. Cette dernière restera visible par le public jusqu’au 30 novembre 2010.

– Pourquoi une exposition sur Fouquet de la Varenne à Sainte-Suzanne ?

On célèbre partout le 400e anniversaire de la mort du roi Henri IV, assassiné le 14 mai 1610 à Paris, dont Guillaume Fouquet de la Varenne était le ministre mais aussi le confident. De plus, il a fait construire l’admirable Logis de Sainte-Suzanne et jamais encore, on n’avait parlé de lui. « Ce haut personnage à l’ascension fulgurante n’avait guère, jusqu’ici, été placé sur le devant de la scène », constate Pascal Trégan, responsable du château de Sainte-Suzanne.

– Qui était Fouquet de la Varenne ?

Éclipsé par le roi et son ministre Sully, Fouquet de la Varenne a débuté comme écuyer de cuisine avant de devenir militaire et de s’emparer d’Angoulême à l’âge de 20 ans. Porte-manteau d’Henri de Navarre, il déjoue un complot fomenté par le duc de Guise, organise le retour des Jésuites en France et crée la poste publique.

– Comment s’articule l’exposition ?

Autour de trois thèmes. D’abord « L’ami d’Henri IV » puis « Le fondateur de la poste publique » à l’origine du système tel qu’on le connaît aujourd’hui puis « Fouquet et Sainte-Suzanne ». Pour finir, une animation vidéo sera présentée dans une dernière petite salle.

– Qu’est-ce que les visiteurs pourront voir ?

Des objets du musée de la Poste, à Paris, des objets privés et d’institution qui évoqueront les trois parties de l’expo. Le conseil général du Loiret a prêté deux bustes en bronze d’Henri IV et de Sully qui n’avaient encore jamais quitté le musée. Les archives de la Sarthe prêtent un registre du XVIIe avec des textes qui font référence aux possessions de Fouquet en tant que Baron de Sainte-Suzanne. Sans oublier une arquebuse du XVIe siècle.

Source : Ouest-France, édition du 24 juillet 2010

 

De nouvelles fouilles précisent le tracé urbain de la ville antique de Jublains

– Depuis quand sait-on que Jublains était autrefois une cité antique ?

Découverte par hasard en 1776, la ville Noviodunum a été érigée il y a près de vingt siècles par les Romains sur les terres du peuple celte, les Diablintes. Avec un temple, un forum et des thermes encore visibles, Jublains est le principal ensemble monumental gallo-romain conservé dans tout l’Ouest de la France. Selon un plan théorique qui a été établi dans les années 1990, la cité s’étend sur 23 hectares.

– Pourquoi des fouilles ?

Une nouvelle campagne de fouilles, financée par le conseil général, a débuté le 15 juin après six ans de pause. Elle se terminera fin juillet avant de reprendre à l’été 2011. Les archéologues voulaient savoir si, sous cette parcelle de terre, ne se cachait pas une autre partie du forum ou un petit quartier d’artisanat.

– Qu’ont découvert les archéologues ?

Ce qui devait être la demeure d’un notable, un riche propriétaire diablinte qui habitait au cœur de la ville, au sud du forum. Fait rare : des décors peints sur des enduits ont été découverts sur les morceaux de murs. L’intérieur de la maison devait être orné de frises rouges et vertes.

« C’est la première fois que l’on retrouve ce type d’habitation. C’est extraordinaire, c’est un très beau bâtiment », explique Anne Bocquet, directrice des fouilles. « On n’est pas au bout de nos surprises. Maintenant, il nous faut comprendre le plan du bâtiment et les caractéristiques des pièces. » Des indices laissent présumer que la bâtisse, édifiée sur deux rangées de pièces autour d’un bassin central, contenait des thermes privés. De nombreux autres éléments, statuettes, ossements d’animaux, céramiques ou encore aiguilles pour les cheveux ont été déterrés.

– Comment procèdent-ils ?

Une fois le décapage effectué à l’aide de machines, pour déblayer la première couche de terre, tout se fait à la main. La vingtaine de bénévoles s’arment de truelles. Les archéologues étudient le terrain, sondent les niveaux, prennent des photos et remplissent des fiches techniques. Ils dessinent un croquis du site pierre par pierre. Ils évaluent l’âge des différentes strates fouillées en datant les céramiques retrouvées. À ce stade des fouilles, les sols apparaissent. « On est dans les derniers niveaux d’occupation de la maison, au moment où elle a été abandonnée. On voit que le bâtiment a été réoccupé par la suite. On a retrouvé un foyer avec deux squelettes d’agneaux complets, ce qui nous laisse penser qu’il a servi d’abris au Moyen-Âge. »

Source : Ouest-France, édition du 16 juillet 2010

 

 

Stéphane Hinguant (au fond), bénévoles et scientifiques à la recherche des secrets de la grotte Margot

 

Cliché : Ouest-France

Les dents de la terre : vers une découverte majeure à Saulges

Le site de Saulges est unique, on le savait. L’excellente position des grottes a favorisé depuis toujours l’habitat, et depuis maintenant dix ans, une équipe d’une vingtaine de personnes, bénévoles (pour la plupart étudiants en histoire) et scientifiques, s’affaire sur le site. « Nos missions s’étalent sur des tranches de trois ans, renouvelables ou pas, explique l’archéologue et préhistorien Stéphan Hingant. Tous les étés, pendant deux mois, nous travaillons ici, et cette fin d’année nous devrons rendre un rapport de recherches triennal ». Et cette année le rapport risque d’être lourd à porter tant les avancées sont importantes. « Nous avions découvert des ossements d’animaux (daim, cheval, tigre à dents de sabre), des ossements humains aussi, mais cette année si la découverte que nous avons faite se confirme, nous deviendrons en plus d’un site majeur pour le paléolithique supérieure et moyen, un site majeur pour le paléolithique inférieur ». Pour ceux qui se sont déjà perdus dans les coins reculés de leur cerveau à la recherche de connaissances oubliées, le paléolithique moyen et supérieur s’étale de 300 000 à 10 000 avant notre ère. Sur cette période, les découvertes sont plus nombreuses, mais sur le paléolithique inférieur, les traces sont rares, surtout les traces humaines. « Nous avons trouvé deux dents grâce aux fouilles. Nous avons bon espoir, d’après nos premières estimations, que les dents datent d’une période antérieure au paléolithique moyen. Si tout se passe bien, nous serons fixés en fin d’année », pas besoin d’être un expert pour voir le bruit que pourrait faire une telle révélation, surtout quand on voit les yeux de l’archéologue s’illuminer. « Ce qui est extraordinaire ce n’est pas seulement la découverte en elle-même, mais c’est le fait de pouvoir associer les éléments du puzzle. La vie humaine d’un côté et la vie animale de l’autre », précise-t-il. Quoi qu’il arrive, il y a de belles chances de voir une nouvelle triennale 2011-2014, avec peut-être, si les souhaits de l’équipe sont exaucés, une extension de la zone de fouille dans la grotte de Rochefort et un chantier dans l’intérieur de la grotte de la Chèvre. Alors, Saulges, un futur Tautavel ? Il n’y a plus qu’un pas, de quelques centaines de milliers d’années, à franchir.

Source : Courrier de la Mayenne, édition du 28 juillet 2010

Zoom sur :

L’association Mayenne WW2 et le Mayenne Liberty Festival

Contact : Mayenne WW2 par e-mail : mayenneww2@live.fr

Sur Internet : http://mayenne-ww2.forumactif.net/forum.htm

Par téléphone : 06 33 80 78 52 – 06 76 48 26 38 – 06 85 05 31 75

Légende de l’illustration : L’un des clichés les plus connus présentant la libération de Laval par les Américains le 6 août 1944.
Du vendredi 30 juillet au dimanche 1er août deniers, la commune de Montsûrs a retrouvé l’atmosphère particulière des premières heures de la libération en août 1944. A l’instigation d’une toute jeune association, Mayenne WW2 présidée par Gaétan Dugue, près de 5.000 personnes ont pu côtoyer des blindés engagés dans les combats de la Seconde Guerre Mondiale comme le fameux char américain Sherman dont la particularité était de consommer 100 litres de carburant aux 100 kilomètres ! Le nombreux public présent a également pu apprécier la diffusion d’un film d’archives avec certaines scènes inédites présentant les différentes phases de la libération de notre département. Au delà du souci de reconstitution et l’entretien de véhicules anciens, l’association WW2 propose également un programme de recherches autour des années 1939-1945 en Mayenne : le forum développé sur Internet invite à retrouver des détails entre autres sur l’occupation allemande, la résistance, les bombardements et la libération. Ce site Internet fourmille d’informations dignes d’intérêt qui captiveront les passionnés de la période.
Le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine du château de Sainte-Suzanne propose de vous communiquer sa lettre mensuelle (vous trouverez celle du mois de septembre dans la rubrique « liens/Ciap Sainte Suzanne/lettre).

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