Juin

Ça s’est passé en juin en Mayenne

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

 

 

Les bains-douches municipaux de Laval labellisés « Patrimoine du XXème siècle »

 Après le monastère du Carmel, c’est au tour des bains-douches de bénéficier du label « Patrimoine du XXe siècle ». Créé en 1999 par le Ministère de la Culture et de la Communication, celui-ci a pour objectif de signaler au public un patrimoine remarquable ou représentatif issu de l’architecture du siècle dernier. Simple outil pédagogique, ce label ne génère aucune prescription juridique ou financière sur les édifices et ensembles concernés. C’est d’abord le contexte social de construction du bâtiment qui a motivé la labellisation. Ouverts en 1927, les bains-douches dont la réalisation a fait l’objet d’un vote unanime par la municipalité de l’époque, répondent en effet aux préoccupations hygiénistes développées par le milieu médical depuis la fin du 19e siècle.

 C’est ensuite et principalement l’exceptionnelle qualité du décor intérieur. Si l’architecte lavallois Léon GUINEBRETIERE réussit un bâtiment typiquement Art Déco, c’est cependant dans le décor intérieur qu’il s’illustre et parvient à faire d’un établissement à destination hygiéniste un lieu surprenant par son ambiance bleutée. Pour ce faire, il a su s’attacher les services d’artistes et d’artisans renommés parmi lesquels Ludovic ALLEAUME, peintre-verrier lavallois, pour le grand vitrail placé au-dessus de la caisse centrale (aujourd’hui disparu), Mr BOURNY, serrurier à Laval, pour les ferronneries et surtout Isidore ODORICO, mosaïste rennais, pour la mosaïque recouvrant le sol et les murs, y compris ceux des cabines de bains et de douches :  » Le décor est simple, géométrique, pur, basé sur la notion de contraste : une frise de lambris de hauteur très dessinée, de laquelle s’échappent des sortes de stalactites se répandant sur le lambris. Celui-ci est composé de multitudes de fragments différents disposés aléatoirement. Les couleurs sont elles aussi en contraste maximum : lignes droites de jaune, s’opposant au fond tacheté (tapis et lambris) ou dominent les verts et les bleus. Il faut y voir l’influence diffuse des courants autrichiens et nordiques de la Sécession viennoise avant 1914. »1

 Espace d’hygiène mais aussi lieu d’échange social, les bains-douches restent très fréquentés jusque dans les années 1960. Puis, le développement des installations sanitaires dans les logements entraîne une baisse progressive de l’affluence. Ce n’est pourtant qu’en 2003 qu’intervient leur fermeture définitive. Reste aujourd’hui à réfléchir à leur avenir.

 Sylvie GARNAVAULT

Chercheuse à l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel

Note : – GUÉNÉ, Hélène, Odorico mosaïste. La production d’un atelier italien en Bretagne et en Anjou (1882-1978). Th. doct. : Histoire de l’art : Rennes 2 : 1984.

Les fouilles de l’oppidum de Moulay ouvertes au public

Dans le cadre de la journée nationale de l’archéologie organisée le 5 juin dernier par l’INRAP, le chantier de Moulay a été ouvert au public. Les archéologues opérant sur le site ont ainsi pu répondre aux questions du public, en tentant par ailleurs de restituer les usages du quotidien de nos ancêtres les Gaulois. Voici, dans cet extrait de l’interview d’Elven Le Goff responsable du chantier donné à Ouest-France, ce qu’il faut retenir du site qui n’a sans doute pas encore livré tous ses secrets.

– Les fouilles ont commencé l’année dernière. Qu’avez-vous découvert ? Il semble aujourd’hui évident qu’ici se dressait une cité de plusieurs milliers d’habitants, un oppidum, qui constituait le chef lieu des Diablintes, un peuple gaulois qui occupait les deux tiers nord de l’actuel département de la Mayenne. C’était entre le 2ème et le 1er siècle avant J.C.

– Quelles traces reste-t-il de cette époque ? Le terrain est granitique, donc le sol présente une acidité qui ne conserve pas grand chose. D’autant que les constructions étaient en bois et en terre. Nous avons exhumés des fragments de récipients de pierre, un morceau de bracelet en verre. Mais plus important : nous avons mis au jour un grand nombre de fossés et fondations de bâtiments. Des trous, dont la présence n’est trahie que par une couleur légèrement différente, où étaient plantés les poteaux supportant les toitures.

– Quels enseignements tirez-vous de ces vestiges ? Ils nous permettent de savoir que le site est l’un des dix plus grands de la Gaule. Il s’étend sur 135 hectares, soit une superficie équivalente à celui de la célèbre Alésia. La diversité des bâtiments, leur agencement, avec un axe de circulation principal, amènent à déduire que les activités étaient réparties par quartiers, avec des rues, le tout organisé de façon rationnelle et pas anarchique. L’occupation du terrain était dense, sur les onze hectares où nous concentrons les fouilles. L’oppidum était le siège d’un pouvoir politique et religieux, ainsi qu’un centre économique.

– Quels secrets demeurent encore enfouis sous la terre ? Il nous reste encore six hectares à fouiller, avec 25 personnes sur le terrain, jusqu’au printemps prochain. Les restes d’un bâtiment atypique nous posent question. Il pouvait s’agir d’une halle, mais je pencherai plutôt pour un sanctuaire. En fait, la carte du site est comme un puzzle. On peut entrevoir le dessin global de la cité avec seulement quelques pièces. A nous de boucher les cases vides. Le plus grand mystère : pourquoi l’oppidum a-t-il perdu son statut de capitale au profit de Jublains, site de moindre importance pour se retrouvé ensuite complètement déserté ?

Source : Ouest-France, édition du 2 juin 2010

 

Un sondage archéologique au Vieux-Sou à Brécé

Pendant trois jours au mois de mai, une équipe d’archéologues dirigée par Gwnénolé Kerdivel du CNRS de Rennes est intervenue sur le site du Vieux-Sou. Destiné à compléter les données déjà enregistrées sur site par le regretté Roger Bouillon, ce sondage a permis de conforter l’hypothèse selon laquelle la dolérite, roche d’origine volcanique, était exploitée sur site à l’époque néolithique, et ceci à 300 mètres seulement de l’allée couverte bien connue des amoureux des mégalithes de la Mayenne.

Source : Ouest-France, édition du 22 mai 2010

 

Zoom sur :

les Amis du Patrimoine d’Erve et Orthe

Par un bel après-midi printanier de mai, j’ai eu le plaisir de me rendre à Saint-Pierre-sur-Orthe, où m’attendaient Alain Le Guillou et son épouse, les deux chevilles ouvrières de l’association des « Amis du Patrimoine d’Erve et Orthe ».Fondée en 2004 dans l’optique de sauver l’ancien auditoire de justice de la seigneurie d’Orthe menacé de destruction, cette structure dynamique compte aujourd’hui près de 250 adhérents. L’action principale de ces bénévoles repose essentiellement sur la restauration progressive du bâtiment racheté en 2008. Depuis cette date, d’importants travaux ont permis de consolider les maçonneries, dont les parties les plus anciennes datent du 15ème siècle, ainsi que la tourelle d’escalier située à l’arrière du bâtiment. La prochaine échéance prend forme cette année avec la volonté de redonner au sol de la pièce du rez-de-chaussée son lustre d’autrefois par une mise en œuvre en carreaux de pavage. Tout à chacun peut participer à cette opération en parrainant l’achat d’un de ces carreaux pour la modique somme de 5 euros. Durant la saison estivale, le site sera d’ailleurs ouvert à la visite le samedi et le dimanche. A terme, monsieur et madame Le Guillou souhaiteraient faire de cet ancien auditoire de justice, transformé à l’époque moderne en deux auberges sur la route du chemin montais, un centre culturel avec musée et bibliothèque ainsi qu’un lieu d’hébergement pour les pèlerins en route vers le Mont Saint Michel. Gageons que, forts de leur implication dans ce beau projet, l’ancien auditoire de justice de la seigneurie d’Orthe retrouvera le lustre qui était autrefois le sien.

Contact : Amis du Patrimoine d’Erve et Orthe – Tel : 06.86.49.89.60 – Messagerie : contact@apeo.asso.fr – Site internet : www.apeo.asso.fr

 

On nous signale :

En ce début d’été, les nouvelles publications ayant trait à l’histoire de notre département fleurissent pour notre plus grand bonheur. Voici donc une sélection des ouvrages, récemment parus, que vous ne manquerez pas d’emporter avec vous en vacances :

« Moines et seigneurs dans le Bas-Maine, les prieurés bénédictins du XIème au XIIIème siècle » par Sébastien Legros, Presses universitaires de Rennes

Enseignant à Laval et membre du conseil d’administration de la SAHM, Sébastien Legros nous livre ici une intéressante étude du Bas-Maine à l’époque médiévale. Fruit de son imposant travail de recherches qui a présidé à la soutenance de sa thèse en histoire médiévale, l’auteur nous présente par le détail l’histoire d’une soixantaine de prieurés en évoquant le rôle fondamental joué par ces établissements monastiques dans le paysage géopolitique local. Actes de foi des puissants, les fondations religieuses répondent également bien souvent à des enjeux de pouvoir. Ce sont ces interactions, parfois subtiles, que Sébastien Legros nous donne à voir en même temps qu’il aspire à faire revivre les Crispus et autre Garin, anonymes devant l’Histoire mais acteurs d’une société féodale marquée par l’importance des liens vassaliques.

« Histoire géologique de la Mayenne » Collectif sous la direction de Jérôme Tréguier, éditions Errance, 360 pages

S’appuyant sur les riches collections des musées de Laval nées des recherches réalisées au 19ème siècle par Daniel Oehlert, les éditions Errance publie un ouvrage indispensable à qui veut connaître notre département. Depuis le précambrien, ce livre offre à découvrir les différentes étapes de la formation géologique de la Mayenne et le développement de sa faune et de sa flore depuis 600 millions d’années. Cette synthèse des connaissances actuelles, abondamment illustrée notamment par des planches présentant les paysages de la Mayenne lors des grandes périodes géologiques, s’accompagne également d’un itinéraire de découverte invitant à retrouver sur le terrain la trace des roches qui occupent notre sous-sol. Ce sont ces ressources qui furent exploitées par l’homme durant des siècles pour constituer le patrimoine bâti que nous admirons aujourd’hui.

« Magie et sorcellerie dans l’Antiquité » Catalogue de l’exposition du musée archéologique départemental de Jublains, Conseil Général de la Mayenne, 62 pages

Réalisé sous la direction d’Agathe Legros, conservateur du musée de Jublains, le catalogue de cette exposition temporaire, qui se déroule jusqu’au 8 octobre 2010, offre une synthèse remarquable sur un sujet fascinant et néanmoins méconnu de l’histoire antique. De courts articles, abondamment illustrés, viennent faire l’état des connaissances actuelles sur le sujet, tout en proposant des hypothèses d’interprétation renouvelées au regard des récentes découvertes faites en Gaule. Parmi les objets présentés dans ces quelques pages figurent la calotte astrologique de Chevroches (Nièvre) ainsi que le mobilier de la cave magique de Chartres (Eure et loir).

 

Exposition de photographies de Cyril le Tourneur d’Ison

 

du 4 au 11 juillet

 

Entrée libre – ouvert tous les jours de 11 h à 19 h

 

Les ateliers de Bellebranche

Ancienne abbaye cistercienne de Bellebranche

 

53290 Saint-Brice : Tel : 02 43 12 25 92

Exposition « La Charnie sous la Révolution-Chouans et Républicains » au Musée de l’Auditoire à Sainte-Suzanne, jusqu’au mois de septembre 2010.

L’exposition est visible tous les week-ends de 14 à 18 h et tous les jours en juillet et août aux mêmes heures. Elle présente des documents et objets prêtés par les musées du Mans, de Laval, de Cholet, les médiathèques d’Alençon et Le Mans, le service départemental des archives de la Mayenne,

l’Association « Le souvenir de la chouannerie en Mayenne » et des collectionneurs privés.

 

La SAHM sera fermée

du lundi 26 juillet au mercredi 11 août inclus

et du jeudi 2 septembre au lundi 6 septembre inclus.

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