Mai

Ça c’est passé en Mai 2010 en Mayenne ou ailleurs…

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

Découverte d’un sanctuaire de Mithra à Angers

Sur 9 000 m², une équipe d’archéologues de l’Inrap fouille, sur prescription de l’État (Drac Pays-de-la-Loire), le site de l’ancienne clinique Saint-Louis à Angers. Elle met actuellement au jour les vestiges d’un sanctuaire voué au culte de Mithra, dieu d’origine indo-iranienne. Le mithraïsme est probablement introduit dans l’Empire par les militaires romains et les marchands orientaux et se répand à la fin du Ier siècle. Ce culte à mystères, réservé aux hommes, séduit d’abord les élites, puis se diffuse dans toutes les couches de la société. Concurrent du christianisme, il est fortement combattu et finalement interdit par l’empereur Théodose en 392.

Un quartier antique

Les chercheurs supposaient que cette partie d’Angers était occupée dès le début de notre ère, sous le règne d’Auguste. Les axes urbains, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest) d’un îlot d’habitat, sont visibles sur le chantier, notamment le decumanus avec fossés et trottoirs. Celui-ci vient d’être daté d’une époque très précoce pour Angers : les années 10 avant notre ère. À la fin du Ier siècle, une ou deux demeures (domus) sont édifiées dans l’îlot. Ces riches maisons décorées possèdent colonnades et système de chauffage par le sol (hypocauste). Un incendie ravagea une grande partie des bâtiments du quartier.

Le mithræum

Au moins dès le IIIe siècle, un bâtiment rectangulaire excavé est installé au nord-ouest du site. Son architecture est celle d’un mithræum, édifice voué au culte de Mithra. Ces temples apparaissent comme de petites chapelles voûtées où se déroulent les banquets et sacrifices dédiés à Mithra. Leur voûte peinte est généralement décorée d’un ciel étoilé. À Angers, des tambours de colonnes, peut-être bases d’autel ou socles de statue, émergent. Les sanctuaires dédiés au dieu comportent toujours un bas-relief représentant la divinité coiffée de son bonnet phrygien. Envoyé par le dieu suprême, il égorge un taureau, symbole du mal, qui par son sang donne naissance à la vie. La fouille des décombres antiques de la rue René Brémond révèle aujourd’hui des éléments de ces statues peintes : fragments d’un bas-relief du dieu Mithra avec notamment des éléments des dadophores (porteurs de torches) et du miles (porteur de lance), associés à un riche mobilier du IVe siècle.

Le mobilier du mithræum

De nombreuses monnaies (environ 200) et fragments de céramiques, ainsi que des lampes à huile complètes, les morceaux d’un rare lustre en terre cuite aux figures de Nubien, une fibule cruciforme en bronze caractéristique des fonctionnaires du IVe siècle, des restes de faune où dominent les os de coqs (met privilégié dans le banquet cultuel), un exceptionnel vase ansé zoomorphe en grande partie conservé sont dispersés à l’intérieur et autour du temple. Sur un gobelet en céramique sigillée fabriqué dans les ateliers de Lezoux (Puy-de-Dôme), figure une dédicace gravée avant cuisson offerte par un certain Genialis dans la première moitié du IIIe siècle : « DEO [INVIC]TO MYTRH[AE]…/…]VS GENIALIS CIVES MA […]VS EXVOTO D[ …/…]RIBVS OMNIS LOCO OMNIS (…) » : « Au dieu invaincu Mithra,]us Genialis, citoyen de…, a offert en ex voto (ce vase) ».

Un fragment de tuffeau ouvragé, décoré de palmettes, porte dans un cartouche une inscription en grec sur quatre lignes qui a été en partie déchiffrée. Elle indique une dédicace effectuée par un dénommé Theophilos d’origine orientale au profit de Retituitos, nom à consonance gauloise. La richesse du mobilier, la conservation des vestiges, l’importance de l’épigraphie, l’absence jusqu’à aujourd’hui de découverte de mithræa dans l’ouest de la France offrent aux archéologues de l’Inrap des perspectives de recherche inédites touchant à la fois aux domaines de l’archéologie, de l’histoire de l’art et des religions.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l’histoire d’Angers et le début de la christianisation au IVe siècle. Après Bordeaux, Strasbourg, Biesheim, Septeuil, Tirlmont (Belgique), Martigny (Suisse), Rome et Ostie, Angers s’inscrit désormais dans l’inventaire restreint des mithræa connus en Europe occidentale.

Source : www.inrap.fr

Le sanctuaire dédié à Mythra. : Archives Joël Le Gall.
Visite des vestiges du temple de Mythra ce week-end

Le temple de Mythra a été récemment découvert sur le site de l’ancienne usine Saint-Louis. Les archéologues proposent de visiter le sanctuaire ce week-end.

Le public pourra aussi découvrir une exposition « Vous avez dit archéologie préventive ? » avec projection de documentaires.

Samedi 5 et dimanche 6 juin, de 10 h à 17 h.

Source : maville.com

Le site Internet sur l’histoire du Bourny fête son premier anniversaire

A l’automne 2003, une petite dizaine d’habitants du Bourny prenait l’initiative de constituer une commission visant à faire redécouvrir l’histoire de leur quartier. Encadrés par le service Patrimoine-Musées de la Ville de Laval, ils allaient dès lors se lancer dans de passionnantes recherches qui furent ponctuées par la réalisation de la plaquette « Laissez-vous conter le Bourny, un village dans la ville » et par une exposition intitulée « Mémoires d’un quartier : le Bourny autrefois ». Ces initiatives, fruits du travail minutieux d’autodidactes passionnés, furent récompensées par l’obtention, en 2005, du prix Territoria de l’innovation culturelle décerné par un jury de journalistes et de sénateurs.

Restait néanmoins à pérenniser et à diffuser auprès d’un large public la somme importante d’informations glanées au fil des entretiens avec les « anciens » du quartier ou dans les liasses d’archives. Il y a un an, c’était enfin chose faite grâce à l’un des membres de la commission, Bertrand Béranger. Ce dernier, par ailleurs webmestre de la SAHM, prit l’initiative de créer en mars 2009 un site dédié à ces recherches qui continue aujourd’hui à être régulièrement alimenté à mesure que sont patiemment déchiffrés les aveux et autres documents anciens concernant le domaine de Rouessé.

Aussi, les dernières découvertes en date ont permis de situer le déclin de cette seigneurie, dont dépendait alors la ferme du Bourny qui allait plus tard donner son nom au quartier, au 18ème siècle. Le manoir, en grande partie transformé sous Louis XIII par Claude (I) de Meaulne, est progressivement laissé à l’abandon par ses héritiers. De fait, une partie des bâtiments ne survivra pas à cette progressive décrépitude. Pour exemple, l’aveu de 1749 nous décrit une chapelle dont la toiture semble dans un piteux état. Situé aux abords immédiats de l’étang de Rouessé, cet édifice religieux allait finir par disparaître dans les années suivants la Révolution. Aujourd’hui, sur le site même, rien ne témoigne de l’existence passé de cette chapelle seigneuriale. Au moins, peut-elle de nouveau sortir de l’anonymat grâce à la magie d’Internet.

Le site du Bourny

 

D’autres sites à découvrir: celui consacré à Henri IV
Le site sur le monnayage de l’empereur Probus fait par Stéphane Hiland.

Sur votre agenda : vos rendez-vous en Mayenne au mois de juin

Laval, Ville d’Art et d’Histoire, vous invite à participer à ses visites dominicales dans le cadre d’une thématique intitulée « Nos quartiers de printemps » :

· Dimanche 6 juin : Thévalles entre ville et campagne

RDV à 15h portail de l’église Sainte-Anne, avenue d’Angers

· Dimanche 20 juin : Les archives secrètes du Bourny

RDV à 15h maison de quartier du Bourny, place de la Commune

Le musée d’art naïf de Laval vous invite, dans le cadre de l’ancienne usine SCOMAM, à (re)découvrir l’oeuvre insolite d’Alain Lacoste. Né à Laval en 1935, cet ancien professeur d’Histoire-Géographie, qui fût un temps trésorier de la SAHM, s’impose comme l’un des chefs de file du courant singulier. Passé maître dans l’art du collage et de l’assemblage de matériaux de récupération, il offre à parcourir un univers ponctué de couleurs vives et de calembours.

Visites commentées de l’exposition « Alain Lacoste, le vielleur inutile« 

RDV à 15h30 dimanche 27 juin et 4 juillet à la SCOMAM, rue de l’ermitage

 

Le musée du château de Mayenne nous signale :

· Dimanche 6 juin à 15h et 17h, pour une visite thématique présentant le jardin d’inspiration médiévale du château de Mayenne.

· Vendredi 11 juin à 18h30, pour un Arkéoconte d’été sur le thème de la forêt avec des lectures de textes extraits de l’oeuvre de Jean-Loup Trassard.

· Dimanche 27 juin à 11h, 14h30, 15h30, 16h30 et 17h30 pour une représentation intitulée « Les vestiges chimériques » dans le cadre du festival les Arts’Boresences.

 

Le Château de Sainte-Suzanne, Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine nous informe de son programme pour le mois de juin :

· Dimanche 6 juin à 14h30 à la Chapelle du Chêne à Saint-Martin-de-Connée pour un circuit découverte autour du patrimoine de la vallée de l’Orthe.

· Dimanche 6 juin à 15h « Fouilles archéologiques au château de Sainte-Suzanne » par Anne Bocquet,

archéologue départementale, chef du service patrimoine du Conseil général de la Mayenne.

· Samedi 12 juin à 15h à l’église de Saint-Jean-sur-Erve pour une découverte commentée du bourg.

· Dimanche 13 juin à 15h « Regard sur le patrimoine : Les matériaux et leur mise en oeuvre »

· Samedi 19 juin à 18h30 « Rénover son habitat » avec un technicien du Conseil de l’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement à l’occasion de la Journée du patrimoine de Pays.

· Dimanche 20 juin Animations « Journées du Patrimoine de Pays » : Le CIAP met à votre disposition différentes maquettes à manipuler (arc en plein cintre, voûte d’ogives, maquette du château de Sainte- Suzanne) ainsi qu’un livret de découverte des savoir-faire en matière d’architecture.

· Samedi 26 juin à 15h pour une visite commentée de l’église d’Aron.

· Dimanche 27 juin à 14h30 place Ambroise de Loré à Sainte-Suzanne pour un circuit-découverte autour des patrimoines préhistoriques et gallo-romains.

· Dimanche 27 juin à 15h, 15h30, 16h, 16h30 et 17h « les Instantanés du CIAP »

 

Conférence à Jublains : « Magie et magiciens dans l’Antiquité »

Le samedi 12 juin à 16h30 au musée archéologique de Jublains, entrée gratuite, tous publics.

Renseignements : 02 43 58 13 20

Dans le cadre de l’exposition « Magie et sorcellerie dans l’Antiquité » (12 mai – 8 octobre 2010), le musée archéologique départemental vous propose une conférence pour découvrir ce sujet fascinant et mal connu. Porte-bonheur et talismans font partie du quotidien des Romains, mais la magie peut aussi prendre des tours plus inquiétants. Quand la sorcellerie et les envoûtements s’en mêlent, on aborde l’une des plus sombres facettes de l’homme antique.

Par Michaël Martin, membre du comité scientifique de l’exposition  » Magie et sorcellerie dans l’Antiquité « .

Michaël Martin est docteur en histoire ancienne et enseignant. Il a consacré l’essentiel de ses recherches à 1’étude des phénomènes magiques durant l’Antiquité. Il est l’auteur de deux ouvrages de synthèse récents sur cette question, Magie et magiciens dans le monde gréco-romain (Errance, 2005) et Sois maudit ! Malédictions et envoûtements dans l’Antiquité (Errance, 2010).

Information transmise par le musée archéologique de Jublains

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