Mars

Ça c’est passé en Mars 2010

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

 

D’exceptionnelles sépultures du Néolithique récent à Gougenheim (Bas-Rhin)

Dans le cadre des opérations archéologiques préalables à la seconde phase de la ligne à grande vitesse Est européenne, une fouille menée entre août et décembre 2009 par une équipe de l’Inrap à Gougenheim, à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, a révélé plusieurs traces d’occupation datées de l’âge du Bronze et du Fer ainsi qu’un ensemble important de sépultures en fosses circulaires de la période du Néolithique récent. Cette dernière découverte est d’un intérêt majeur pour la connaissance des pratiques d’inhumations durant la période néolithique. 

Des occupations du Néolithique ancien au début de l’âge du Fer

Sur près de 4 hectares, le site a révélé des vestiges d’habitat appartenant à des périodes d’occupations distinctes : le Néolithique ancien, le début de l’âge du Bronze et le premier âge du Fer. Les indices de fréquentation les plus anciens, au Néolithique ancien, sont très ténus mais ils identifient la présence de bâtiments d’habitation des plus anciennes communautés d’agriculteurs, aux alentours de 5000 ans avant notre ère. Des vestiges plus récents attestent une zone d’habitat datable du Bronze ancien, au début du 2e millénaire, une période rarement représentée dans la région. Enfin, une occupation au premier âge du Fer, à situer dans le courant du 8e siècle avant notre ère, est attestée par un ensemble de structures de stockage et de fosses d’extraction du limon (nécessaire à la préparation de torchis). Elle se distingue par un mobilier archéologique abondant, dans un bon état de conservation et qui regroupe de nombreux éléments de vaisselle finement décorée ainsi que des objets métalliques peu courants. 

Des sépultures en silo du Néolithique récent (4 000 ans avant notre ère)

Deux individus assis l’un à côté de l’autre, un autre dont la main est posée sur son crâne et d’autres encore dont le point commun est d’avoir été ensevelis dans des fosses désaffectées ou détournées de leur usage initiale de stockage (fosse-silos), une pratique courante – sinon exclusive – pour cette période du Néolithique, mais généralement attestée par des ensembles restreints sur les sites d’habitat. L’opération archéologique menée à Gougenheim a révélé un nombre très important d’individus : 44 au total, adultes et enfants, nombre encore jamais atteint et qui place ce site au tout premier rang des ensembles funéraires de la vallée du Rhin supérieur pour le Néolithique récent. Pour comprendre l’importance de cette découverte, il faut savoir que la période offre très peu de sépultures aussi bien conservées aux archéologues. Le corpus est ici très important et va permettre de faire évoluer significativement notre connaissance des gestes mortuaires de cette période. On peut d’ores et déjà noter l’existence de manipulations post mortem se traduisant par des déplacements d’ossements, ainsi qu’une grande variabilité de positions des défunts, éléments qui soulèvent de nombreuses interrogations. 

Retrouvez l’actualité archéologique nationale sur le site de l’INRAP dans la rubrique « Liens ».

Robert Buron aurait eu cent ans…

L’année 2010 s’ouvre pour la Mayenne sous les auspices des anniversaires et célébrations en tout genre. Nous fêtons en effet cette année les 500 ans de la naissance d’Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, et les 100 ans de la mort du Douanier Rousseau, fondateur du courant artistique désigné sous le nom d’art naïf. S’il n’est pas lavallois de naissance comme les deux illustres personnages précités, Robert Buron partage néanmoins avec eux le privilège de recevoir l’hommage d’un département pour lequel il s’est, au cours d’une riche carrière politique, particulièrement investi. A ce titre, la revue L’Oribus lui consacre un numéro spécial sous le titre « Robert Buron et la Mayenne : une rencontre » revenant sur le parcours de celui qui, suite à son mariage, devint au fil des années mayennais de cœur.

Mais qui était vraiment Robert Buron ? Né à Paris le 27 février 1910, il est fils d’imprimeur. Son enfance est marquée par la maladie et il échappe de peu d’être emporté par une tuberculose. De cette épreuve, il puisera une force mentale à toute épreuve et une foi religieuse qui se voulait discrète mais sincère. Après une scolarité brillante au prestigieux lycée Henri IV, il entre à l’école libre des sciences politiques dont il sort diplômé en 1931. Devenu docteur en droit, il commence sa carrière professionnelle à la chambre de commerce de Paris avant que n’éclate la deuxième guerre mondiale. Résistant, il s’impose par la suite comme un acteur politique opiniâtre lors de la libération : en 1944, il est l’un des membres fondateurs du MRP (mouvement républicain populaire) qui regroupe un fort parti de démocrates chrétiens.

Secrétaire d’Etat dès 1949, il devient une première fois ministre en 1952, date à laquelle on lui confie le portefeuille des affaires économiques. En parallèle, il conduit également une carrière d’élu local. « Parachuté » en Mayenne, dont il devient député en 1945, il est élu maire de Villaines-la-Juhel en 1953. Il restera fidèle à sa commune d’adoption pendant dix-sept ans. En mars 1962, il est, avec Louis Joxe et Jean de Broglie, l’un des négociateurs et signataires des accords d’Evain qui mettent fin à la guerre d’Algérie. Sensibilisé au sort du tiers-monde, il préside le comité de développement de l’OCDE à partir de 1963. Progressivement, il se coupe du centre démocrate qui avec Jean Lecanuet, qui fût un temps son chef de cabinet, s’est trouvé un nouveau leader. Robert Buron entame, dans les dernières années de sa vie, un virage à gauche. En 1971, il participe au congrès d’Epinay et lance un appel aux chrétiens à rejoindre les rangs socialistes. Sous cette étiquette, il emporte la mairie de Laval la même année. Il n’aura néanmoins pas l’opportunité de conduire son mandat à terme, décédant à Paris le 28 avril 1973.

Près de quarante ans après sa disparition, le souvenir de Robert Buron demeure néanmoins bien vivace et le succès rencontré par la table ronde organisée par la Ville de Laval le 28 mars atteste de la pérennité de son action politique dans notre département.

 

Devenez « ambassadeur de la SAHM »

Dans l’optique de renforcer notre politique de communication auprès des associations et des élus locaux, la SAHM recherche des correspondants bénévoles. Ces derniers auront également la charge de relayer l’actualité patrimoniale de leur territoire afin que celle-ci puisse trouver écho dans notre bulletin mensuel. Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues. N’hésitez pas à vous manifester auprès de Sonia, au secrétariat de la SAHM ou par téléphone au 02.43.53.64.55.

 

Agenda : Vos rendez-vous en Mayenne au mois d’avril

Laval, Ville d’Art et d’Histoire, nous propose son programme de visites dominicales intitulé « Nos quartiers de printemps » :

Le dimanche 11 avril : Autour du prieuré Saint-Martin, entre vieilles histoires et venelles pittoresques. RDV à 15 heures impasse Louis Perrin.

Le dimanche 25 avril : Les riches heures du faubourg Saint-Vénérand. RDV à 15 heures place Guillaume Le Doyen.

Le musée du château de Mayenne vous convie à une sortie archéologique sur le thème « Comparaisons d’architecture : le palais carolingien de Mayenne et l’église Notre Dame de Pritz à Laval ». RDV dimanche 25 avril à 14 heures au musée du château de Mayenne.

 

On nous signale :

Internet continue à s’enrichir de sites dévolus à l’étude de l’histoire ou à la préservation du patrimoine de notre département. Signalons, à cet égard, la mise en service récente de deux sites que nous vous invitons à découvrir :

www.oribus.fr, le site du Groupe de Recherches sur le Mouvement Social en Mayenne

www.lesamisduvieuxlaval.fr, le site de l’association des « Amis du Vieux Laval »

N’hésitez pas, allez dans la rubrique « Liens », de nombreux sites vous attendent.

La publication aux éditions Siloë de « Aspects de la première chouannerie mayennaise » par Gérard Blottière :

Réalisé il y a 40 ans, le présent travail a fait date dans l’étude de la chouannerie mayennaise. En effet, il a eu le mérite d’apporter des réflexions originales sur le sujet en s’appuyant sur une étude systématique des archives, seule méthode susceptible d’offrir des réponses qui ne soient pas de simples convictions personnelles établies a priori. Depuis, à la différence des départements voisins, la chouannerie mayennaise a suscité peu d’études nouvelles et les très rares ouvrages parus ont souvent repris les thèses traditionnelles d’un soulèvement pour Dieu et pour le Roi. Il était donc important que soit enfin livré au public, sous la forme d’un ouvrage, ce travail dont les hypothèses conservent toute leur pertinence. Celui-ci, revu par l’auteur, met ainsi une base de références à la disposition de chercheurs et permet, à qui voudrait seulement se faire une opinion sur la question, de retrouver facilement les données du problème. (192 pages, 19 euros)

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