Janvier

Ça s’est passé en Mayenne en Décembre 2009

L’Inventaire général du patrimoine lavallois désormais sur Internet

Des retables, des calices, des peintures murales, des vitraux, un château fort, des églises, des hôtels particuliers, des fermes, des usines, des écoles …, voilà un petit aperçu de ce que recèlent les quelques 1000 dossiers de l’Inventaire général du patrimoine culturel basé dans la maison du Grand Veneur à Laval. Le versement sur la base nationale MERIMEE des dossiers concernant une partie du patrimoine architectural de la commune, est l’occasion de porter un éclairage sur une institution méconnue du grand public.

« …recenser, étudier et faire connaître l’ensemble du patrimoine français de la cathédrale à la petite cuiller » telles sont toujours les trois missions de l’Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France mis en place en 1964 par André Malraux, alors ministre des Affaires Culturelles, avec le soutien d’André Chastel, grand historien de l’art. Créé pendant la période des Trente Glorieuses afin de garder en mémoire les transformations considérables d’un territoire en pleine mutation urbaine, cette vaste entreprise est, au départ, assuré par des bénévoles. La professionnalisation de l’institution donne rapidement lieu à la création d’équipes de chercheurs et de photographes au sein des Directions Régionales des Affaires Culturelles avant leur transfert, en 2004, aux Régions (Services Régionaux de l’Inventaire du Patrimoine Culturel), l’État maintenant son contrôle scientifique et technique sur l’ensemble des études produites. Cependant, la tâche est tellement importante que les départements et les communes que le recensement de leur patrimoine concerne au premier chef, relaient très tôt les services de l’État puis de la Région comme à Laval où l’inventaire de la commune est, depuis 1976, effectué par des chercheurs municipaux.

« La basilique d’Avesnières au début du 20ème siècle. Exemple de cliché qu’il est possible de retrouver sur la base Mérimée »

A Laval, l’ensemble des études portant sur le patrimoine architectural et mobilier de la commune est consultable au troisième étage de la Maison du Grand Veneur. Sur internet, les 450 notices concernant le patrimoine architectural sont désormais accessibles via la base documentaire nationale MERIMEE (www.culture.gouv.fr/culture/invent/patrimoine). Seules les fiches contenant notamment l’historique et le descriptif de chaque bâtiment y sont disponibles. Le versement sur la base des plans et des photographies illustrant ces notices constituera la prochaine étape de diffusion des informations.

L’inventaire du patrimoine pour une aire d’étude donnée est parfois l’occasion de redécouvrir un patrimoine oublié. Ainsi, à Laval, les enquêtes menées sur le mobilier religieux ont permis de mettre à jour un ensemble d’objets miniatures qui, après recherches, se sont avérés constituer un jeu ou jouet de messe. Contenu dans une armoire de fabrication artisanale, ce jeu se compose d’un autel-retable néo-gothique, d’une chaire de même style et d’un ensemble d’objets liturgiques en métal parmi lesquels, un ciboire et son pavillon, un encensoir, un seau à eau bénite et une garniture d’autel (croix et chandeliers). Datant de la première moitié du 20e siècle, ce jeu avait pour objectif d’initier, de manière ludique, les enfants et plus particulièrement les petits garçons (prêtres en puissance !) aux rites de l’Église, la langue latine et les gestes des prêtres ne pouvant être compris sans explication. Les messes étaient en effet dites à voix basse, de dos et en latin. Mais ce type de jouet pouvait aussi simplement servir à amuser les enfants. Le recensement du mobilier des églises de Laval a donc permis de redécouvrir un objet dont la signification s’était perdue en raisons de la laïcisation de notre société et des nouvelles pratiques liturgiques instituées par le Concile de Vatican II (1962 – 1965).

Reste maintenant à terminer l’inventaire du patrimoine mobilier (essentiellement religieux) et à poursuivre, dans sa totalité, celui de Laval périphérie (il s’agit des quartiers périphériques, des anciens bourgs aujourd’hui rattachés à Laval et du territoire rural de la commune : zones pavillonnaires et H-L-M, Thévalles, Saint-Pierre-le-Potier, Grenoux, le Tertre-Souchard, etc.).

Sylvie GARNAVAULT : Chercheuse à l’inventaire du patrimoine culturel de la commune de Laval

 

Sur votre agenda en JANVIER

Au musée du château de Mayenne, le jeudi 28 et le dimanche 31 à 15 heures, visite thématique sur « L’art religieux au musée » suivi d’un concert de l’école de chant.

Un nouveau site pour la revue Oribus

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