Juin

Actualités : ça s’est passé récemment en Mayenne

Rubrique proposée par Stéphane Hiland

On nous annonce :

Une soirée contes animée par Paul Bançais suivie d’un feu de la St Jean aura lieu aux Poiriers (Saint-Ouen-des-Toits : musée Jean Chouan)

samedi 25 juin à 20h (entrée 2€).
Denis Messager

Le camp de Beugi labellisé « architecture de terre remarquable en Europe »

Début mai, Jean-Pierre Morteveille, maire de Sainte-Suzanne, s’est vu remettre au nom de sa commune le label « architecture de terre remarquable en Europe » pour le camp de Beugi. Dorénavant, ce vestige admirable de l’époque de Guillaume le Conquérant appartient à un réseau de 42 sites dont l’originalité repose sur une mise en oeuvre fragile qui a néanmoins réussi à traverser les siècles.

C’est le cas du camp de Beugi ou camp des Anglais. Construit à 800 mètres du donjon de Sainte-Suzanne, il remonte à la seconde moitié du 11ème siècle (1083), mais il se pourrait que Guillaume le Conquérant ait réutilisé un ouvrage préexistant gallo-romain. Le camp d’une superficie de 2,5 hectares, est constitué de deux ensembles de fortifications de terre orientées est-ouest, dont le flanc sud fait face à Sainte-Suzanne. L’enceinte occidentale est incomplète du côté sud, car elle a été rasée sur plus de 40 mètres, et a fait place à des bâtiments agricoles déjà présents sur le cadastre au 19ème siècle, et qui furent utilisés jusqu’en 1981. L’ensemble des deux camps, fossés extérieurs compris, couvre environ 230 mètres sur 110. Malgré l’érosion du temps, les élévations de terre et de pierres sont encore impressionnantes de nos jours. La largeur des remparts dépasse les 20 mètres. Ce camp a été acquis par la commune en 1989 et reste accessible à la découverte aux promeneurs de passage.

Source : Courrier de la Mayenne, édition du 5 mai 2011

Une maison à pan de bois reconstruite à Laval

Hervé Baulain est un passionné de patrimoine. Propriétaire de deux anciennes maisons du Vieux Laval,il est en train de les restaurer. Et les pans de bois sont déjà en place.

Hervé Baulain, menuisier de métier, a mis sept longues années avant de voir aboutir son projet. Aujourd’hui « le plus dur est fait » sourit-il. C’est donc en décembre 2003 qu’Hervé achète deux maisons situées l’une dans la rue du Pin Doré qui appartenait à la ville de Laval et l’autre, rue de la Chapelle, propriété d’un particulier. La première qui menaçait de s’écrouler a été abattue il y a 6 ans, l’autre qui date de 1781 appartenait à un couturier, est aussi en mauvais état.

« Je suis moi-même Lavallois, né dans un vieux quartier et j’avais à coeur de restaurer un vieux bâtiment dans Laval. » Pas pour l’argent mais par passion, notre homme va essayer de redonner vie à chacune des deux maisons. « J’ai dû attendre 3 ans le permis de construire et la construction a duré 4 ans. »

La bouse de vache est bien utile

Pendant toutes ces années, Hervé a battu la campagne, frappé chez des particuliers à la recherche de poutres qu’il a achetées. « J’ai ensuite coupé tous les bois suivant des plans réalisés par Jean-Louis Valentin, Compagnon charpentier et architecte à Troyes en collaboration avec Philippe Bénézech, architecte des Bâtiments de France. »

Le bois neuf récupéré, surtout du chêne, il va falloir le teinter pour lui donner cette belle teinte sombre, comme patinée par les ans. « Pour cela, j’utilise de la bouse de vache qui fait durcir le bois, le teint et le rend ignifuge » révèle Hervé. Et, pour assembler les différentes pièces, le propriétaire, qui travaille souvent dans les châteaux mayennais, n’utilise ni clous ni vis. Seulement, comme autrefois, des chevilles en acacia. « Tout a été refait comme il y a 500 ans. »

Plus tard, entre les pans de bois, du torchis à l’ancienne sera posé par Christophe Halouze, un spécialiste de ce matériau qui laisse les murs respirer et empêche l’humidité de s’installer. Et un couvreur s’occupera du toit. Pour retrouver les justes proportions, l’esprit dans lequel ont été réalisées ces maisons, Hervé a bénéficié de nombreux conseils et de l’aide de trois architectes, des Compagnons, couvreurs, charpentiers, maçons et des deux archéologues de la Ville, Samuel Chollet et Jean-Michel Gousset.

Un chef d’oeuvre de Compagnon

Samuel Chollet a donc travaillé sur les épures « pour obtenir quelque chose de respectueux pour le patrimoine lavallois » explique l’archéologue de la Ville. Car cette maison n’est pas une restitution mais elle constitue un regard sur la physionomie d’une maison à pans de bois de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. « Et le savoir-faire du propriétaire a un petit côté chef-d’oeuvre de Compagnon. » La maison du Petit Saint-René va même retrouver un nouveau Saint, l’ancien ayant été volé il y a quelques années. Il sera placé derrière une grille en fer forgé qui sera, elle aussi, restaurée.

Source : Ouest-France, édition du 1er juin 2011

 

La SAHM a besoin de vous : Avis de recherche d’un lieu de stockage

Situés au 32 rue du Jeu de Paume à Laval, les nouveaux locaux de notre association nous donnent entière satisfaction. Sonia, notre assistante de gestion, y travaille dans de bien meilleures conditions qu’autrefois en bénéficiant notamment de l’éclairage naturel généré par notre vitrine. Celle-ci attire, par ailleurs, l’attention des badauds grâce aux soins apportés à sa décoration par Jocelyne Dloussky. Néanmoins, demeure un problème : celui du stockage des cartons de nos publications. Notre local ne disposant pas d’une surface extensive, nous sollicitions nos adhérents lavallois qui accepteraient gracieusement de mettre à notre disposition un espace à l’abri de l’humidité, du type garage, qui permettrait de faire un peu de place.

N’hésitez pas à vous adresser à Sonia en téléphonant au 02.53.64.55. Merci par avance.

 

Chroniques : Par delà les océans : le destin méconnu de François Pyrard

Sur la rive gauche de la Mayenne, à quelques encablures à peine des flots nourriciers qui arrosent Laval depuis près de mille ans, existe une rue au tracé rectiligne mais à la longueur modeste portant le nom de François Pyrard. Bien des lavallois seraient en peine d’éclaircir l’identité de ce personnage semblant tout droit sorti des nimbes les plus obscures de l’Histoire. Et pourtant ! Si Alain Gerbault, célèbre navigateur solitaire passé quant à lui à la postérité, avait du revendiquer l’héritage d’un quelconque héros du passé, sans doute aurait-il choisi son compatriote François Pyrard ! En effet, qui mieux que ce dernier peut se vanter d’avoir, dans des conditions parfois extrêmes, dompté les océans pour parvenir jusqu’aux Indes. C’était au temps du bon roi Henri IV, au début du 17ème siècle, et les conditions de voyage étaient alors loin de ressembler à celles du Vendée Globe ! Nanti d’une solide fortune acquise par sa famille dans le commerce de la toile de lin, Pyrard s’embarque le 11 mai 1601 à Saint-Malo à bord du Corbin, navire affrété par ses soins et ceux de marchands de Laval et de Vitré, pour aller chercher de nouveaux débouchés au delà des mers. Les premiers mois du périple sont épiques : menacés par une flotte hollandaise puis attaqués par les Portugais, les voyageurs voient leur vaisseau s’échouer au large des Maldives. Là-bas, point de séjour paradisiaque pour Pyrard et ses compagnons d’infortune : traités en esclaves par les indigènes, bon nombre d’eux succombent à l’exception de notre héros lavallois qui, par son étonnante capacité à apprendre la langue locale, parvient à s’attirer la sympathie de ses geôliers. Devenu bientôt le favori du roi de l’île de Malé, Pyrard retrouve pour un temps les faveurs du destin. Il coule alors des jours paisibles, devenant même un temps expert en échanges des arbres à cocos. Là, sa bonne étoile l’abandonne à nouveau au moment où la flotte du roi du Bengale lance une razzia dans l’île de Malé au début de l’année 1607.

Tour à tour pris pour un portugais puis pour un hollandais, il manque à plusieurs reprises de se faire lyncher par une foule hostile lorsqu’il prend pied avec les autres prisonniers sur la côte asiatique à Cochin. Tombé gravement malade, il parvient néanmoins à attirer l’attention de quelques jésuites charitables qui organisent son transfert vers l’hôpital de Goa. Remis sur pied grâce aux bons soins prodigués par ses bienfaiteurs, il n’en est pas pour autant libéré de ses turpitudes aventureuses. Devenu soldat après avoir été incorporé de force dans une milice portugaise, il reçoit avec soulagement au cours de l’hiver 1609 l’ordre de ne plus séjourner aux Indes. C’est le temps du retour pour notre aventurier au long cours mais son voyage ne sera pas de tout repos : entre tempête, mutinerie et épidémies, on se demande encore par quel miracle Pyrard débarque vivant sur les côtes de l’Espagne le 20 janvier 1611. Après avoir remercié Saint-Jacques à Compostelle, il rentre à Laval le 16 février, soit près de dix ans après s’être embarqué à Saint-Malo. Adulé tel un héros, il rencontre les grands à la cour de France et entreprend l’écriture de ses mémoires, « Discours du voyage de François Pyrard aux Indes orientales », qui deviennent rapidement un classique de la littérature de voyage. Notre héros achève finalement la course de sa vie en 1623 à Paris, vaincu par les fatigues d’un voyage qui fît beaucoup pour sa gloire mais sans pour autant avoir touché le coeur de ses concitoyens.

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