Février

Actualités : ça s’est passé récemment en Mayenne
Rubrique proposée par Stéphane HilandL’inventaire du patrimoine de la communauté de communes d’Erve et Charnie

Le 17 décembre 2010, au château de Sainte-Suzanne, Christian Davy et Nicolas Foisneau, chercheurs à l’inventaire dans les services du patrimoine de la Région Pays de la Loire et du Département de la Mayenne, ont présenté les résultats de l’inventaire de la communauté de communes d’Erve et Charnie (le canton de Sainte-Suzanne et les communes de Saulges et de Saint-Georges-le-Fléchard), engagé en 2002. Chacun des onze maires a reçu un DVD contenant l’ensemble des dossiers de bâtiments et d’objets, qui sont par ailleurs consultables sur le site de la Région consacré au patrimoine : patrimoine.paysdelaloire.fr. Le choix d’approfondir l’étude de ce terrain s’est traduit par la rédaction de près de 2000 dossiers d’architecture (dossiers individuels et de synthèse) et de plus de 700 dossiers de mobilier (avec la participation de Dominique Eraud), accompagnés de plus de 12000 illustrations : photos réalisées par François Lasa puis Yves Guillotin, mais aussi relevés et cartes faits par Virginie Desvigne et Elodie Rama. Après les bilans organisés devant les habitants de chacune des communes puis l’exposition « Du hameau au château » qui s’est tenue au CIAP de Sainte-Suzanne de juin 2009 à mars 2010, la mise à disposition des dossiers constitue la troisième étape de la valorisation de ce travail au long cours dont on attend la dernière étape en 2012 : la publication d’un ouvrage de synthèse dans la collection des Cahiers du Patrimoine.

La présentation a été l’occasion de mettre l’accent sur la diversité du patrimoine étudié à travers quelques exemples. L’église Saint-Pierre de Saulges est, si l’on excepte le dolmen des Erves à Sainte-Suzanne, l’édifice encore en élévation le plus ancien. Elle a été construite au VIIIe siècle sur un cimetière mérovingien, à proximité de sites d’occupation très ancienne : les grottes préhistoriques de Saulges et le plateau de la Cité, où, à l’époque gallo-romaine, se trouvait peut-être une agglomération secondaire.

L’organisation du territoire s’est effectuée au milieu du Moyen Age par l’implantation de seigneuries châtelaines : Sainte-Suzanne, dont l’éperon est réoccupé à partir du IXe ou Xe siècle, et qui est intégrée au moins à partir de la seconde moitié du XIe siècle à la vicomté de Beaumont, mais aussi Thorigné-en-Charnie, dont le châteaux a été curieusement implanté sur un site de plaine, peut-être en raison d’une occupation plus ancienne et de sa situation frontalière avec les terres dépendant de Laval, de Sablé et du Mans. L’abbaye d’Evron a aussi contribué à la mise en valeur du territoire : la charte de refondation de 989 montre qu’elle était déjà fortement implantée. Sa présence s’est ensuite notamment exercée à travers les prieurés de Torcé, de Vaiges et de Thorigné et la seigneurie du Moulin-aux-Moines à Saint-Jean-sur-Erve. De celle-ci subsiste la chapelle du XIIe et du XIIIe siècle et le logis construit au XIVe ou au début du XVe siècle qui était vraisemblablement articulé, comme les manoirs antérieurs à 1450, autour d’une grande salle seigneuriale sous charpente. Au total, 48 manoirs ou châteaux ont pu être au moins partiellement analysés. Plus de la moitié a été construit ou reconstruit après la guerre de cent ans, à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle selon des caractéristiques communes (étage, tour d’escalier hors-œuvre), tel le manoir d’Aigrefoin à Saint-Jean-sur-Erve. Ils ont parfois été mis au goût du jour à l’époque moderne : ainsi le manoir de la Vallée à Blandouet, doté de douves aux formes bastionnées au XVIIe siècle, d’un jardin et de nouveaux aménagements intérieurs (avec en particulier un escalier dans-œuvre à volées droites) au XVIIIe siècle.

L’habitat plus modeste des campagnes se répartissait en fermes et en écarts (ou hameaux). Les bâtiments les plus anciens de cette catégorie, édifiés après la guerre de cent ans, comme à la Bidaudière à Vaiges ou au Bourg-Bouillé à Torcé-Viviers-en-Charnie, présentent une structure de poteaux de bois. Celle-ci a généralement été chemisée par es murs en moellons de pierre locale (grès, calcaire marbrier), lors du passage à une architecture en maçonnerie, au cours du XVIe siècle. L’architecture des fermes s’est transformée au XIXe siècle, du fait de l’augmentation des récoltes, sans entraîner cependant des reconstructions systématiques. Rares ont été les propriétaires qui, à l’instar de Stanislas Mauny, maire de Viviers en Charnie, au Plessis ou au Gravier-Roinard, ont entrepris d’entièrement réédifier leurs exploitations selon les principes d’une architecture rationnelle. Les progrès de l’agriculture au XIXe siècle doivent beaucoup à l’utilisation de la chaux pour amender les terres. Celle-ci était produite dans des fours en forme de tour ou adossés à des parois formant une sorte de falaise, implantés, à l’instar du site de la Croisette à Vaiges, sur les terres calcaires du nord et du sud du territoire. Jusqu’au XXe siècle, l’énergie fournie par le réseau hydrographique, principalement l’Erve a assuré le fonctionnement de 53 moulins, dont 39 sont encore au moins partiellement conservés. Ils servaient majoritairement à la production de farine, tel le moulin du Gô à Saint-Pierre-sur-Erve qui a conservé son mécanisme, refait au XIXe siècle en fonte. D’autres cependant, concentrés dans le faubourg de Sainte-Suzanne, fabriquaient du papier et secondairement du tan. Les richesses qu’ils ont générées jusqu’à leur fermeture dans les années 1830 et 1840 expliquent sans doute les importants remaniements qu’ont connus les maisons du bourg castral de Sainte-Suzanne à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle.

Le recours à la datation des bois selon la méthode de la dendrochronologie a permis de préciser la chronologie de certains édifices qui ont conservé leur charpente ancienne : ainsi de l’église de Saint-Léger dont la charpente du chœur est constituée de bois abattus au début du XIIIe siècle et celle de la nef dans la seconde moitié du XVe siècle.

L’étude des objets de propriété publique, qui à l’exception de la riche collection Robert-Glétron de Vaiges, sont très majoritairement de caractère religieux, a entraîné la découverte d’œuvres intéressantes, depuis protégées ou en cours de protection au titre des Monuments Historiques, comme l’encensoir du XVe siècle de Thorigné-en-Charnie, le coffret aux saintes huiles du XVe siècle de Vaiges ou la chasuble du XVIe siècle de Sainte-Suzanne.

Nicolas Foisneau et Christian Davy

On nous signale

Le dernier numéro de l’Oribus avec pour sommaire :

L’usine de colle et de gélatine de Montigné –

L’école ménagère agricole de la Blancherie –

La Bouillotte 1788-1791 –

Les débuts de l’aviation à Laval, 1954-1962 –

La presse hebdomadaire mayennaise et la guerre d’Algérie –

Drôles de rencontres au marché –

1870-1871, les mobilisés de la Mayenne dans la guerre franco-allemande (fin) –

 

Appel au don par l’association Châtillon Patrimoine

en vue d’acquérir les 3 statues

de la chapelle du site de Fontaine-Géhard :

 

« Aux portes de la forêt de Mayenne, Fontaine-Géhard fut l’un des plus importants ermitages du Maine au 11ème siècle. Il devint par la suite un prieuré, dépendant de l’abbaye de Marmoutier, près de Tours. Son histoire fut aussi attachée à celle du Château de Mayenne. Abandonné à la Révolution, il tomba peu à peu en ruines.Privé, le site conserve aujourd’hui quelques ruines et une petite chapelle, construite en 1870 pour abriter l’autel en granite de l’église des ermites du 11ème siècle, et trois statues en terre cuite, plus récentes, représentant la Vierge à l’enfant, Saint-Etienne et Saint-Laurent.

Le 1er décembre 2006, le Conseil Municipal de Châtillon prenait une délibération pour sauvegarder la chapelle. Il était alors question avec la vente de la propriété, de la détruire pour transférer l’autel et ses trois statues de terre cuite, dans un autre lieu du département.

La mobilisation qui a accompagné cette décision a permis à l’époque de préserver la chapelle. Le retable en granite s’y trouve toujours, mais les statues ont été enlevées lors de la vente.

L’action de « Châtillon patrimoine » est donc depuis 2008 de convaincre le propriétaire des statues de les restituer sur la commune.

Le propriétaire en est venu récemment à faire une offre en ce sens. Le 11 janvier dernier, le Conseil municipal a décidé de répondre à cette offre et de se porter acquéreur des statues. L’association est pour sa part appelée à apporter son aide afin de réunir les fonds nécessaires pour les restaurer et les installer dans l’église.

« Châtillon Patrimoine » vient pour cela d’obtenir un agrément de défiscalisation qui permettra aux donateurs une réduction d’impôt de 60 à 66 % des sommes versées. Toute personne intéressée pour aider cette initiative, dans la mesure de ses possibilités, est la bienvenue.Une fois propriété de la commune, les statues devraient pouvoir être inscrites au titre des Monuments Historiques. Leur restauration sera réalisée sous le contrôle du Conservateur des Antiquités et Objets d’Art du Conseil général.

Nous serons attentifs à rechercher la meilleure issue pour cette action et vous tiendrons bien évidemment au courant. » Le bureau de l’association Châtillon Patrimoine.

Pour plus de renseignements vous pouvez contacter Madame Campagne à l’adresse mail suivante : marielle.campagne@wanadoo.fr

 Appel à témoignages par Sophie Ravary, élève en troisième année d’histoire à l’ISM de Laval, pour un travail sur l’histoire du lycée Haute Follis du 16ème siècle à 2011 en vue de réaliser un ouvrage écrit. « Nous travaillons tant sur les familles Marest et Montecler, le patrimoine, le quartier de Grenoux, la congrégation de Picpus, la chapelle Saint Jean-Baptiste, le Cours Saint Louis, son occupation pendant la Seconde Guerre mondiale, la pension de famille pour personnes âgées, les enseignants, que sur les formations professionnelles de l’établissement. Nous avons des documents archivistiques que nous souhaitons compléter par des témoignages d’anciens élèves ou de lavallois; notamment des photos de classe et des témoignages divers sur ce lieu. »

Ce travail se déroule sur les mois de février et mars, dès à présent vous pouvez transmettre vos informations par le biais de la SAHM.

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