Décembre

Actualités : ça se passe en Mayenne ou ailleurs

Rubrique proposée par Stéphane Hiland et complétée par Bertrand Béranger

 

Vue aérienne de l’ensemble thermal de la villa de Noyal (INRAP)

De remarquables découvertes sur la villa gallo-romaine de La Guyomerais à Noyal-Châtillon-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine)

Depuis la mi-mars, l’Inrap mène une fouille sur un terrain rue des Potiers à Noyal-Châtillon-sur-Seiche en amont de l’aménagement d’un habitat pavillonnaire. D’anciennes fouilles, menées dans les années 1980 par Alain Provost (archéologue indépendant) sur un terrain voisin, avaient mis en évidence l’aile est d’une villa gallo-romaine, dite de La Guyomerais, qui est l’une des plus importantes villae de Bretagne. Le diagnostic réalisé en 2011 ayant confirmé que le terrain se situait dans le prolongement de cette villa, l’État (Drac Bretagne, service régional de l’Archéologie) a prescrit une fouille de manière à sauvegarder par l’étude ces vestiges, avant la réalisation du futur aménagement. Si les enjeux de cette opération située sur l’aile ouest de la villa, partie inexplorée jusqu’alors, devaient permettre de restituer un plan complet de l’ensemble, celui-ci s’est révélé, au fil des semaines, inattendu, racontant une histoire complexe faite de programmes de destructions volontaires et de reconstructions. La fouille permet également à l’équipe d’une dizaine d’archéologues d’étudier un ensemble remarquable d’établissements thermaux qui apporteront de précieuses informations sur la pratique du bain pendant l’Antiquité en Bretagne.

La fouille préventive de 2012 au regard des premières découvertes sur la villa

De 1983 à 1987, Alain Provost avait exploré sur des parcelles voisines la pars rustica de la villa, c’est-à-dire les bâtiments dédiés aux activités agricoles, et une moitié du secteur résidentiel, la pars urbana. L’étude révélait une première occupation remontant à la fin du 1er siècle avant notre ère, mais ce n’est qu’au 1er siècle de notre ère qu’une architecture en dur s’y développe : une première villa à colonnade (correspondant ensuite à l’aile centrale) est construite. Elle sera complétée au 2e siècle par des pièces d’angle puis une aile en retour au 3e siècle, suggérant une organisation du bâtiment selon un plan en U. Les fouilles menées par Alain Provost avaient également mis au jour un bassin dans la cour résidentielle, celui-ci devant naturellement marquer l’axe de symétrie de la villa. En toute logique, les archéologues de l’Inrap présents en 2012 s’attendaient à découvrir le prolongement de l’aile centrale de la villa, ainsi que l’aile ouest venant fermer son plan en U. Si cette dernière a bien été découverte, elle est plus éloignée, délimitant une cour centrale bien plus étendue que ce qui était supposé. Surtout, à la jonction de l’aile centrale et de l’aile ouest, ce sont trois ensembles balnéaires successifs, en usage du 1er au 4e siècle de notre ère, qui ont pu être mis au jour.

Trois ensembles balnéaires remarquables

La pratique du bain dans l’Antiquité répond à un parcours précis alternant pièces chauffées et espaces froids. Ce parcours comprend autant d’étapes de soins que de salles, ce qui explique pourquoi les deux ensembles les plus complets mis au jour sur la villa présentent une organisation analogue. Les utilisateurs pénétraient d’abord dans un vestibule où ils ôtaient leurs vêtements. Ils gagnaient ensuite une première salle chauffée par le sol où ils se faisaient masser  et s’enduisaient le corps d’huile. Ils poursuivaient leur parcours en rejoignant la salle la plus chaude, le caldarium, où la température pouvait atteindre 50° C. Là, ils s’immergeaient dans une baignoire d’eau chaude puis achevaient leur déambulation en revenant sur leur pas pour gagner les espaces non chauffés et s’immerger partiellement dans une baignoire d’eau froide. Après avoir revigoré leur corps, ils se dirigeaient de nouveau vers le vestibule afin de se rhabiller. Ces ensembles de bains et leur superficie (le plus grand mesurant près de 200 m²) laissent penser que les propriétaires de la villa disposaient de revenus conséquents.

Le décor et les objets mis au jour, témoins de pratiques raffinées

Cette  richesse transparaît à travers la décoration mise en œuvre dans les différentes salles. Les murs étaient recouverts de peintures colorées sur fond blanc où alternaient des violets, rouges, jaunes et des noirs. Certains murs devaient être en partie couverts de mosaïques en pâte de verre, comme le soulignent les nombreuses tesselles retrouvées sur le site. Des plaques sculptées en schiste, figurant des boucliers ou des pilastres, venaient compléter cette décoration. Au sol, des dallages en schiste bleu pouvaient alterner avec des plaques de marbre blanc. Deux fragments de corniches, témoignant d’une architecture soignée, ont aussi été découverts. Tous ces éléments confirment le statut de la villa de La Guyomerais qui est à ce jour l’une des plus riches de Bretagne. De nombreux objets de la vie quotidienne ont également été retrouvés. Épingles en os, fibule en bronze émaillée, bague en argent, instrument de toilette témoignent du raffinement des différents occupants. Les monnaies, très nombreuses, offrent aux archéologues l’opportunité de datations précises, notamment sur l’abandon de la villa. Les nombreuses pièces du 4e siècle révèlent ainsi que le site est encore occupé à cette période. Un vaste séchoir à grains est construit après 320 à l’emplacement du dernier ensemble thermal, soulignant une production agricole toujours importante. Ce n’est qu’après le milieu du 4e siècle, voire le début du 5e, que la villa sera progressivement démantelée et abandonnée.

Source : www.inrap.fr

 

On nous signale :

« Faim de pain. Miettes d’Histoire et tranches de vie », collectif sous la direction d’Evelyne Ernoul, édité par l’association « Présence du Haut-Anjou », 168 pages, 20 euros

L’histoire nous montre que, jusqu’à une date récente, la fourniture du pain à toute la population était loin d’être régulièrement assurée. Dans leur combat pour la survie, les hommes et les femmes ont défendu leur droit à l’alimentation avec leurs armes. Les aléas climatiques, les guerres et les injustices sociales ont contribué à entretenir une précarité certaine qui perdura jusqu’aux dernières famines du XIXe siècle. L’autosuffisance alimentaire que symbolise le pain rendu disponible à tous, fut une des grandes préoccupations pour permettre notre développement. Ce livre décrit comment le Haut-Anjou a subi et surmonté autant de difficultés.

En grande surface dans les rayons livres ou culturels à Ch-Gontier, Craon, Segré. En librairie et marchands de journaux du Haut-Anjou ( sud de la Mayenne et nord-est du Maine-et-Loire). A l’Association en adressant un email à : marcel.samson@free.fr ou en s’adressant à l’un des membres. Par envoi postal (5 euros de frais d’envoi en plus).

« Une brève histoire des filatures de Laval », L’Oribus n°85 (novembre 2012), par Jean-Pierre Diehl, Jocelyne Dloussky et Jean Stenou, 8 euros

Après des débuts compliqués, un « modèle social » comme on dirait aujourd’hui, s’épanouit au début du 20e siècle lorsque René Diehl, le grand-père de l’auteur, est aux commandes ; le patron habite dans l’usine, des logements pour les ouvriers, une crèche, sortent de terre. L’épouse du patron s’occupe de l’école d’apprentissage : en effet, l’usine emploie surtout des femmes. Sur cette période Jean-Pierre Diehl peut livrer un témoignage personnel, ce qui fait toute l’originalité de son texte. Mais il s’intéresse aussi À la fin de l’année 2009, Jean-Pierre Diehl adresse à la rédaction de L’Oribus « Une brève histoire des Filatures de Laval » : 150 ans d’une aventure industrielle qui a concerné des milliers de personnes, a modelé un quartier de Laval, celui de Bootz. Ce pan de l’histoire de l’industrie se confond avec l’histoire de sa famille, des protestants d’origine alsacienne. Dans les premières décennies du 19e siècle, à la lisière de la ville, des filatures s’installent sur la rive gauche de la Mayenne, près de la rivière dont les machines utilisent la force du courant. Ces filatures reprennent ainsi la vieille tradition textile de Laval. Il ne s’agit plus de lin, comme au 18e siècle mais de coton, de plus on est entré dans l’ère des machines. A la même époque d’autres usines traitant le coton s’installent d’ailleurs à Laval, par exemple, vers Avesnières, où l’activité textile perdure aujourd’hui encore. Pour tous ces patrons il s’agit de s’adapter au machinisme qui bouleverse les conditions de production du fil et du tissu mais aussi de suivre la révolution énergétique en cours. Après la Seconde Guerre mondiale, les difficultés s’accumulent pour les Filatures qui disparaissent en 1977. Aujourd’hui, que reste-t-il ? Bien peu de chose : des traces diffuses dans le quartier de Bootz, des archives, des photos et la mémoire de ceux qui y ont travaillé.

une conférence proposée au musée de Jublains : De nouvelles découvertes dans la domus de Jublains

Samedi 8 décembre à 15h30

Par Anne Bocquet, archéologue départementale

Une fouille, débutée en 2010, a mis au jour les vestiges d’une grande demeure urbaine située au coeur de la ville de Jublains. Les campagnes successives apportent leurs lots de découvertes et de questionnements ; petit à petit cette luxueuse maison nous dévoile ses secrets.

Gratuit pour tous

 

Ventes promotionnelles : A l’occasion des fêtes de fin d’année nous organisons une vente exceptionnelle de certains numéros de MAH et de certains suppléments. Renseignements et vente au siège de la Société.

 

Le président et les membres du conseil d’administration de la SAHM vous souhaitent d’excellentes fêtes de fin d’année.

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