Fouilles 04

Un chantier archéologique en plein cœur de Laval
 
Le 9 janvier dernier, une équipe de 7 archéologues appartenant au service Patrimoine de la Ville de Laval a pris possession des abords du château de Laval pour une opération destinée à durer un an. Scindée en cinq phases d’étude délimitées par des secteurs géographiques, celle-ci devrait permettre de mieux appréhender la forme du castrum primitif du 11ème siècle ainsi que de comprendre la genèse de l’actuelle place de la Trémoille. Retrouvez chaque mois dans cette rubrique les dernières nouvelles de cette opération d’envergure.

 

(clichés : Service Patrimoine, Ville de Laval)

Alors que s’achèvent les relevés sur le secteur 1, les archéologues ont entamé, le 10 avril, la phase de décapage sur le secteur 2. Cette dernière, circonscrite à la cour du château-neuf, devrait permettre de compléter les premières conclusions formulées lors des trois premiers mois de fouilles, pour lesquels nous vous proposons un premier bilan.

Illustration : La phase de décapage du secteur 2 vient de débuter à l’angle de la galerie et de l’aile sud du château-neuf (Service Patrimoine, Ville de Laval)

Secteur 1 : Une vision renouvelée du château-neuf

Un tribunal aménagé à l’époque contemporaine

Monument emblématique du centre historique, le château-neuf doit sa renommée au fait qu’il a joué jusqu’en 2001 le rôle de palais de justice. Voisin du vieux-château, transformé en prison à partir de la Révolution Française, il a vu son architecture progressivement s’adapter à ses fonctions judiciaires. Aussi, en 1829, l’architecte Maximilien Godefroy travaille-t-il à l’édification d’une aile nord pour y loger le président du tribunal. Les vestiges de cette construction, détruite en 1860, ont pu être dégagés par les archéologues, dont le travail a également permis la découverte d’une cour pavée en connexion.

(clichés : Service Patrimoine, Ville de Laval)

Une galerie prestigieuse à la Renaissance

A l’image des rois de France dont ils sont devenus des familiers, les comtes de Laval entretiennent au 16ème siècle une cour importante. Afin de se retirer à l’écart de l’agitation, Guy XVII commande la construction à partir de 1540, dans le prolongement du vieux-château, d’une galerie à l’architecture élégante. Le nouvel édifice se pare de tuffeau, matériau importé des bords de la Loire, et d’un décor de cartouches adoptant la forme de cuirs retroussés comme à Fontainebleau. Grâce à un sondage, les archéologues ont pu déterminer que la base du bâtiment, marquée par une assise de granite, était située 80 centimètres environ sous le niveau de la cour actuelle. Par ailleurs, des traces d’enduits imitant un faux appareil ont également été relevés attestant du soin apporté à l’ornementation de ce type de monument à la Renaissance.

(clichés : Service Patrimoine, Ville de Laval) Crochet de style gothique retrouvé dans une couche de remblais de la cour du château-neuf

Les indices de l’existence d’un bâtiment antérieur

En 1508, le chroniqueur lavallois Guillaume Le Doyen fait mention d' »ung très sumptueux édifice » que « Monseigneur fist prendre fondement, soubz la mothe de son chasteau ». Cette référence à un bâtiment antérieur au monument actuel intrigue depuis longtemps historiens et érudits locaux. La fouille a permis de mettre au jour, sous le château-neuf, des maçonneries qui peuvent être perçues comme les vestiges d’une première galerie édifiée par Guy XVI au retour des guerres d’Italie. De même, une couche de remblais a livré un abondant mobilier archéologique composé de chutes de taille de tuffeau adoptant, pour certaines, la forme de crochets. La présence de ces éléments de décor pourrait indiquer que le bâtiment construit au début du 16ème répondait sans doute au style gothique flamboyant.

Dernière découverte : à l’angle ouest de l’aile sud de l’ancien palais de justice, Samuel Chollet et son équipe ont mis au jour les vestiges d’une tour de flanquement sans doute à dater de la période philippienne. Qu’on se le dise !

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